Jacques Duchevreuil

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Jacques Duchevreuil (pour l'état civil), ou Jacques du Chevreuil, sieur de Métot, né à Carquebut vers 1595, mort le 30 décembre 1649 à Paris, est une personnalité intellectuelle et catholique de la Manche.

Biographie

Issu d'une famille noble de Normandie, fils de magistrat [1], il est l'aîné d'une famille de huit enfants. Il a deux frères prêtres : François, qui est grand boursier du collège d'Harcourt en 1649, curé de Gometz-le-Chatel, au diocèse de Paris, et de Saint-Martin-le-Hébert (diocèse de Coutances) ; et Floxel, curé de Helleville, dans le même diocèse, de 1627 à 1675.

Les deux autres frères de Jacques du Chevreuil se marient, Nicolas, avec Élisabeth Ranquet, de Bricquebec, où il exerce la médecine, et Gilles, avec Marie Guiot.

La famille Du Chevreuil est apparentée à celle de Thomas Fortin (v. 1620-1680), né à Helleville, principal, puis proviseur du collège d'Harcourt, auteur de La Vie de Damoiselle Élizabeth Ranquet.

Jacques du Chevreuil est titulaire de deux petites cures du diocèse de Coutances : Catz et Helleville (1623-1627).

Jacques du Chevreuil fait ses études au collège d'Harcourt à Paris : le proviseur en est alors Pierre Padet, dont il suit les cours de philosophie. Il obtient le titre de maître-ès-arts en 1616[2].

Il se démet de la cure de Catz, pour enseigner au collège d'Harcourt, entre 1619 et 1641, la philosophie[2], le latin et le grec. Il devient le principal du collège pendant quelques années[3].

Recteur de l'université en 1622, syndic en 1623, il polémique, en 1632-1633, avec les jésuites du collège de Clermont[2].

Au collège d'Harcourt, il compte parmi ses élèves, qui le surnomment le « Caton chrétien » pour son austérité et sa rigueur, les futurs écrivains de Port-Royal Pierre Nicole et Jean Hamon, ainsi que le moraliste Charles de Saint-Évremond.

En 1647, il est nommé titulaire de la chaire de philosophie au Collège royal, sur l'intervention d'Alphone de Richelieu, archevêque de Lyon et cardinal, frère aîné du premier ministre de Louis XIII. Il enseigne les œuvres d'Aristote.

En 1648, il donne aux boursiers du collège d'Harcourt 6 750 livres, rapportant alors 500 livres de rente, pour fonder une bourse.

Le 30 décembre 1649, il meurt subitement en pleine chaire, devant ses étudiants du collège d'Harcourt [3], après avoir signé son testament le 27. Il est inhumé aux Chartreux.

Un manuscrit des cours professés par Jacques du Chevreuil pour les années 1625, 1629, 1634 et 1635, est conservé aujourd'hui à la Bibliothèque municipale de Cherbourg. Ils pourraient provenir de la famille Du Chevreuil, à laquelle Pierre Padet les aurait adressés après la mort du brillant professeur ; il s'agit d'une copie médiocre.

Il est l'auteur de la traduction du Traité du libre arbitre de saint Augustin, publié après sa mort, et de deux autres ouvrages (voir Bibliographie).

Il faut noter qu’un autre Coutançais fut, lui aussi, principal du même collège parisien. Il s’agit de Jacques de L'Œuvre (1621-après 1691) qui était professeur d’éloquence.[3].

Œuvres

  • Brevis et philophica disceptatio qua animam hominis, etsi factam, immortalem esse, non caducam, argumentis quinque praecipuis certum fiet et apertum, Lutetiae, 1647.
  • Les Déclinaisons grecques arrangées avec le latin, pour la commodité des enfants qui commencent, et l'alphabet grec expliqué en françois, pour apprendre à bien lire et bien escrire en françois, Paris, chez E. Martin, in-4°, 1649, 230 p. , en collaboration avec Pierre Padet.
  • Traité du libre arbitre de saint Augustin, Paris, 1651.

Notes et références

  1. Couppey, « Jacques Duchevreuil », Annuaire de la Manche, 1829.
  2. 2,0, 2,1 et 2,2 « et de bachelier en théologie en 1619 Jacques Du Chevreuil » in Les "feuilles classiques" : un support pour la prédilection des textes latins et grecs (XVIe-XVIIe siècles), Service d'histoire d'éducation, Institut national de recherche pédagogique.
  3. 3,0, 3,1 et 3,2 Jean-François Hamel (sous la direction de René Gautier), Dictionnaire des personnages remarquables de la Manche, tome 3, éd. Eurocibles.

Sources

  • C.-P. Goujet, Mémoires historiques sur le Collège royal de France, Paris, 1758, t. II, p. 251-274.
  • H.-L. Bouquet, L'Ancien Collège d'Harcourt et le Lycée Saint-Louis, Paris, 1891, p. 279 et suiv.
  • Godefroy Hermant, Mémoires, éd. Augustin Gazier, Paris, Plon, 1905-1910, t. I, p. 456-457.
  • Jean Lesaulnier, Images de Port-Royal, Paris, Nolin, 2002, p. 370-373.
  • Jean Lesaulnier et Antony McKenna, Dictionnaire de Port-Royal, Paris, Champion, 2004, p. 356 (notice de J. Lesaulnier).