Jacques Alexandre François Allix de Vaux

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Jacques Alexandre François Allix de Vaux, comte de Freudenthal, né à Percy le 21 décembre 1768, mort à Bazarnes, commune de Courcelles (Nièvre) le 26 janvier 1836, est un militaire de la Manche.

Biographie

Le général Allix.

Son père, professeur de mathématiques et enseignant dans une école militaire, lui fait sa première éducation. Versé dans les sciences exactes, il entre au service comme élève d'artillerie en 1792, alors que nombre de Français volent à la frontière pour repousser l'invasion prussienne. Allix fait les premières campagnes de la Révolution sous les généraux Kellermann, Dumouriez et Custline. Il obtient le grade de capitaine. Sa belle conduite au siège de Luxembourg est signalée aux représentants du peuple et le fait mentionner avec éloge dans un décret de la Convention. Ses actions d'éclat dans toutes les occasions lui valent un avancement rapide. Mais il est contre la révolution du 18 brumaire et son républicanisme déplaît à Napoléon ; il a de la difficulté à obtenir le grade d'officier général et on l'emploie constamment hors de France. Le colonel Allix fait la seconde campagne d'Italie avec le premier Consul qui le remarque au passage du Saint-Bernard, ainsi qu'à l'attaque de Vérone qu'il emporte d'assaut alliant le courage au talent.

Après la bataille de Marengo et la pacification de l'Italie, le colonel Allix a le commandement de l'artillerie subalpine ou du Piémont, sous les ordres des généraux Soult, Dupont et Jourdan. C'est à Turin, chez la baronne de Peron, qu'il fait la connaissance d'Alfieri. Il se lie avec ce grand écrivain qui lui confie un des premiers exemplaires de son traité De la Tyrannie. Ce chef-d'œuvre politique en faveur de la liberté met le gouvernement en émoi, et l'auteur n'ose pas le livrer à la publicité, même sous l'auspice des baïonnettes françaises. Allix traduit cet ouvrage en français ; mais on ne veut pas qu'il paraisse sous le Consulat et pas davantage sous la Restauration. C'est la révolution de juillet qui permet au traducteur de publier son œuvre.

Allix fait partie de la funeste expédition de Saint-Domingue. Il passe en 1808 général de brigade au service de Jérome, roi de Westphalie puis en 1812 au grade de général de division. Allix doit attendre cette promotion pour que l'empereur accepte de lui donner la croix de la Légion d'honneur, que le roi Jérôme sollicitait en vain pour cet officier de valeur.

C'est avec ce grade qu'Allix fait la campagne de Russie. Après la désastreuse retraite de Moscou, il est chargé de la défense de la Westphalie. L'activité, le courage, le talent qu'il déploie dans ces circonstances difficiles lui méritent l'admiration et l'estime de ses frères d'armes.

La rébellion gagne alors de proche en proche ; enhardie par les revers de Napoléon, elle devient bientôt une révolte en armes. Le général Allix se met en campagne, réprime l'insurrection et rétablit son roi dans Cassel. En récompense, il reçoit de Jérôme une pension de 6 000 francs et le domaine de Freudenthal qu'il régit avec le titre de comte.

Lorsque le royaume est envahi et occupé par les alliés, Allix revient en France, mais l'empereur ne veut le reconnaître qu'en qualité de général de brigade. Voyant la patrie est en danger, Allix oublie son ressentiment personnel et demande du service. Le 18 février 1814, il chasse les Autrichiens et les Russes de la forêt de Fontainebleau. Quelques jours plus tard, chargé de la défense de Sens, il couvre cette ville avec une poignée de troupes et plusieurs divisions alliées échouent devant son énergie et son habileté. Il retrouve son grade de général de division sur le champ d'honneur, le jour même de l'action, le 26 février.

Pendant la première restauration, il se retire dans sa famille. Lorsque Napoléon rentre de son exil sur l'Île d'Elbe, il va à son devant à Auxerre, et prend le commandement de l'Yonne. Il se rend ensuite à la grande armée et est envoyé en mission dans les places de Lille, Dunkerque et Calais. Il se trouve à Calais le jour même de la bataille de Waterloo. Il court rejoindre l'armée en retraite sur Paris, prend le commandement d'une division avec laquelle il doit fortifier Saint-Denis. Forcé par les circonstances d'abandonner ce poste, il se rend à l'armée dite de la Loire ; là se termine sa carrière militaire.

La seconde restauration est sévère pour ceux qui avaient pris parti pour l'empereur pendant son règne des Cent-jours. C'est pour eux l'ostracisme ou l'échafaud. Le général Allix, compris dans l'ordonnance de bannissement du 24 juillet 1815, doit chercher asile à l'étranger. Il se réfugie en Allemagne, où il essuie les vexations des petits princes de la confédération germanique et, notamment, de l'électeur de Hesse. On le spolie du droit de propriété en l'expulsant de son domaine de Freudenthal, près de Cassel. Puis, quand la réaction s'amortit, Allix se consacre à l'étude des sciences.

C'est pendant son exil qu'il publie sa Théorie de l'Univers en un volume in-8°. Dans cet ouvrage, l'auteur assigne aux mouvements des corps célestes une cause entièrement opposée au système de Newton, en établissant qu'ils sont mus par la décomposition des gaz de leurs atmosphères.

En 1819, il est rappelé en France et réintégré dans le cadre des lieutenants-généraux ; il est partisan de la révolution de juillet, comme Dupont de l'Eure, Lafayette, et Lamarque.

En 1834, il fait paraître, in-8°, sa traduction de la Tyrannie d'Alfieri dont il possède le manuscrit depuis trente ans ! Le général Allix, membre de plusieurs sociétés savantes françaises et étrangères, passe sa retraite dans son château de Bazarnes situé à Courcelles (Nièvre) quand il meurt le 26 janvier 1836.

Conformément à ses dernières volontés, il est enterré dans sa propriété de Bazarnes et son cœur est transporté à Percy et placé dans une niche pratiquée sur la façade de sa maison natale et fermée par un marbre portant son nom.

Œuvres

  • Traduction de De la Tyrannie d'Alfieri
  • Système d'Artillerie de campagne, 1827.
  • Théorie de l'Univers, vve Courtier, édit., Paris, 1818.

Source

  • Verusmor, Annuaire du département de la Manche, 1837, Saint-Lô.