Iskandar Safa

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Iskandar Safa, né à Beyrouth (Liban) en 1952, est une personnalité économique de la Manche.

Il est le principal actionnaire des Constructions mécaniques de Normandie (CMN), implantées à Cherbourg-Octeville.

Biographie

Il est petit-fils de magistrat, fils de haut fonctionnaire directeur de cabinet du premier président libanais [1].

Il obtient un diplôme d'ingénieur BTP à l'Université américaine de Beyrouth, avant de parfaire sa connaissance des affaires à l'Institut européen d’administration des affaires (Insead) de Fontainebleau [1].

Il apparaît dans l'actualité, pour la première fois, en 2002. On lui prête d'avoir contribué à la libération d'otages français enlevés au Liban en mai 1988 [2]. Selon cette thèse, jamais prouvée, Iskandar Safa aurait servi d'intermédiaire au versement d'une rançon occulte [3].

Iskandar Safa est également mis en cause pour des versements inexpliqués à Jean-Charles Mariani, longtemps homme de confiance de Charles Pasqua.

En 2005, la revue Arabian Business en fait la 42e plus grande fortune du monde arabe avec 560 millions de dollars [1].

Le 11 décembre 2007, Iskandar Safa et son frère Akram Safa sont relaxés par le tribunal de Paris. Ils étaient soupçonnés d'avoir détourné de l'argent au préjudice de la Sofremi, un organisme dépendant du ministère de l'Intérieur, alors dirigé par Charles Pasqua, qui vendait du matériel de police à l'étranger. La mise en cause portait sur 5,4 millions d'euros détournés entre 1993 et 1995 pour des transactions concernant le Koweit, le Brésil, l'Argentine et la Colombie.

En novembre 2008, il s'investit comme sponsor, à titre individuel, dans l'AS Cherbourg.

Iskandar Safa possède d'importantes propriétés sur la Côte d'Azur, notamment à Saint-Tropez (Var) et à Mandelieu-la-Napoule (Alpes-Maritimes), où il rachète en 2002 l'ancien domaine de Paul Ricard, qui couvre désormais 1 350 ha [4].

En 2012, il s'associe au journaliste Étienne Mougeotte pour tenter de racheter le pole sud du Groupe Hersant Média (GHM), qui comprend les quotidiens La Provence, Nice Matin et Corse Matin [2]. Mais il échoue face à Bernard Tapie.

Reprise des CMN

Iskandar Safa et sa famille reprennent les Constructions mécaniques de Normandie en 1992, alors que la société est en redressement judiciaire [2]. « Un vieux rêve, confie-t-il. D'homme d'affaires, je suis devenu industriel. » [5]. En 2006, alors qu'il est sous le coup d'un mandat d'arrêt international, Safa apporte 116 millions d'euros pour poursuivre l'activité du chantier, qui était menacée [6].

En quelques années, « transformant son carnet d'adresses en carnet de commandes », il réussit une relance spectaculaire du chantier naval moribond [1]. « Outre le Yémen et l'Indonésie, les CMN décrochent trois contrats historiques » : un avec Oman de 100 millions d'euros en septembre 1993 pour trois patrouilleurs, un autre de 600 millions d'euros en mars 1995 avec le Koweit pour huit patrouilleurs lance-missiles, le troisième de 650 millions d'euros en décembre 2003 avec les Émirats arabes unis pour six corvettes de combat ultrasophistiquées [1].

Notes et références

  1. 1,0 1,1 1,2 1,3 et 1,4 Jean-François Jacquier, « Un PDG interdit de séjour », Le Point, 24 novembre 2005.
  2. 2,0 2,1 et 2,2 Renaud Revel, « Le mystérieux Iskandar Safa », L'Express, n° 3205, 5 décembre 2012.
  3. Gilles Gaetner, L'Express, 24 janvier 2002.
  4. Nice-Matin, 9 septembre 2008.
  5. Hervé Gattegno, « Iskandar Saha, l'insaisissable », Le Monde, 8 octobre 2005.
  6. Ouest-France, 3 mars 2006.