Henri Ménardais

De Wikimanche

L'abbé Ménardais.

Henri Ménardais, né à Genêts en 1882 [1][2], mort en 1965, est une personnalité catholique et un résistant de la Manche.

Biographie

Il célèbre sa première messe dans l'église de Genêts en 1909 [3].

Il est curé de Chalmaison (Seine-et-Marne) de 1934 à 1952.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il apporte son appui aux plus faibles, puis, à partir de l'appel du général de Gaulle, en juin 1940, il entre dans la résistance active. Sa cure « devint petit à petit un grand poste de commandement régional », témoigne la résistante Madeleine Lévy, qui combat à ses côtés contre le nazisme[4]. Et son activité est insatiable : il accueille dans son presbytère des pilotes alliés dont les avions ont été abattus au-dessus de la France, des parachutistes, des résistants, des réfractaires, mais également des communistes et des Juifs qui fuient devant l'occupant, en particulier des enfants. « Il a été ce qu’il fut toujours, un homme de cœur, poussant son sacerdoce jusqu’à l’abnégation totale, avec ce mépris du danger que beaucoup d’entre nous avons connu », ajoute Madeleine Lévy [4].

La croix de guerre qui lui est attribuée en 1946 mentionne cette citation : « Prêtre d’un courage et d’un patriotisme à toute épreuve, s’est dépensé sans compter de juin 1940 à la Libération pour héberger, protéger et défendre les patriotes traqués et les parachutistes alliés tombés dans nos lignes. À la Libération il a contribué à faire 52 prisonniers ennemis. »

En 1997, il est honoré à titre posthume de la médaille des Justes parmi les nations pour avoir caché et sauvé des centaines de Juifs, en délivrant notamment de faux papiers d'identité et de faux certificats de baptêmes. Son nom est inscrit sur le monument de Yad Vashem à Jérusalem (Israël).

L'abbé Ménardais prend sa retraite dans la maison des Tamaris à Coupvray (Seine-et-Marne). C'est là qu'il décède en 1965, à 82 ans.

Il est enterré à Genêts.

Distinctions

Il est titulaire de la médaille militaire pour la Première Guerre mondiale et de la croix de guerre pour la Seconde Guerre mondiale.

Il est titulaire de l'étoile d'argent de la Résistance française.

Il est décoré des armées de Grande-Bretagne et des États-Unis (Medal of Freedom).

Hommages

Plaque souvenir à Genêts.

Une plaque honore sa mémoire dans l'église de Genêts.

Une plaque indique qu'il s'est rendu fréquemment au n° 390 de la rue Saint-Honoré à Paris 1er où il rencontrait d'autres résistants dont Madeleine Lévy qui lui rendait visite dans sa cure de Chalmaison pour chercher des provisions et avec des personnes traquées qui devaient se cacher.

En 2008, la municipalité de Chalmaison, à la faveur d'une restauration de l'église, sous le mandat de Michel Foret, maire de la commune, pour pérenniser le souvenir de cet homme exceptionnel, a fait réaliser et installer des vitraux à la mémoire de l'abbé, qui fut dix-huit ans curé du village.

Ces vitraux évoquent les actions de résistance et la générosité de celui qui a reçu la distinction de "Juste parmi les Nations". Son nom est maintenant inscrit à jamais dans les vitraux de ces lieux qui furent sa maison. La phrase du Talmud « qui sauve une vie, sauve l'Humanité », écrite en français et en hébreu, rappelle également toute la valeur de ses actes. L'église de Chalmaison, du 13e siècle, est inscrite au patrimoine des monuments historiques.

Bibliographie

  • Louis Malle, Henri Ménardais, Juste ou saint : enfant de Genest et de Meaux, 2009

Notes et références

  1. Parfois 1883.
  2. Il n'y a aucune mention à l'état civil de Genêts pour les deux années mentionnées.
  3. Michel Coupard, Jack Lecoq et Sylvette Gauchet, Le Sud-Manche, éd. Alan Sutton, 2008, p. 162.
  4. 4,0 et 4,1 Madeleine Lévy, discours lors de la remise de la croix de guerre à l'abbé Ménardais, Château de Tachy, Chalmaison, 27 juin 1946 (lire en ligne).

Lien externe