Guillaume Firmat

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Saint Guillaume Firmat, né à Tours au début du XIe siècle et décédé en 1096, est un saint de la Manche.  

Une inhumation agitée et triomphale

Guillaume Firmat est un homme complet car il est chanoine, médecin et militaire ! C’était sans doute trop à la fois[1] .

Encore jeune, il prend la décision de se retirer du monde et de vivre en ermite. Après des séjours dans les environs de Vitré (Ille-et-Vilaine) et de Domfront (Orne), il se fixe près de Mortain comme son prédécesseur  Vital. On ignore combien de temps il mène cette vie érémitique. On sait que cet état ne l’empêche pas de voyager à l’étranger. Il accomplit en effet un pèlerinage en Terre Sainte. A cette occasion, il est même sacré évêque dans une église de Constantinople[1].

Le miracle le plus célèbre qui lui est attribué est celui de la libération de Baudouin, comte de Boulogne, futur roi de Jérusalem. Prisonnier de Robert, comte de Mortain, celui-ci obtient la faveur d’entendre la messe au tombeau de saint Firmat. « Au moment de la consécration, les clavicules de ses fers se rompirent et sautèrent loin de lui avec un grand bruit ». Ce fait s’étant produit une seconde fois, le comte de Mortain « mit Baudouin en liberté et le renvoya avec beaucoup d’honneur »[1].

Guillaume Firmat se rend fort populaire dans le Maine et en Normandie[1].

À sa mort, on se dispute sa dépouille. Les habitants de Domfront et de Laval (Mayenne) tentent même de l’enlever de force, mais Robert, comte de Mortain met le holà à ces pieux désordres et fait transporter le corps de Firmat dans la collégiale de Mortain où son inhumation donne lieu à un cortège triomphal.

Les populations ont raison de le vénérer comme un saint car Guillaume Firmat est canonisé dès 1157[1].

Ses reliques

Ses reliques sont transférées au Mont-Saint-Michel pendant la guerre de Cent Ans, puis cachées pendant les guerres de religion[2].

En 1621, pour restaurer l'autel de saint Firmat, François de Péricard, évêque d'Avranches fait ouvrir son tombeau et les reliques sont placées dans une chasse en plomb insérée dans un nouveau reliquaire[2].

En 1793, elles sont profanées par des révolutionnaires, mais un horloger réussit à mettre son crâne à l’abri. Il le restitue dix ans plus tard[1].

Le chef de saint Firmat faillit encore disparaître sous les bombardements de 1944. L’archiprêtre de Mortain, le chanoine Léon Blouet parvient une fois de plus à le sauver[1].

Depuis 1860, l’office de saint Guillaume est placé dans le propre des Saints du diocèse de Coutances et Avranches[1].

Ce saint a été invoqué en France et dans les camps lointains, comme l’un des principaux patrons de prisonniers, notamment pendant la Seconde Guerre mondiale[1].

Bibliographie

  • Émile-Aubert Pigeon, Textes français et latins des vies des saints et du diocèse de Coutances et Avranches avec des notions préliminaires et l'histoire des reliques de chaque saint, impr. Alfred Perrin, Avranches, 1898, t.2, p. 367-417

Notes et références

  1. 1,0, 1,1, 1,2, 1,3, 1,4, 1,5, 1,6, 1,7 et 1,8 Jean-François Hamel, sous la direction de René Gautier, Dictionnaire des personnages remarquables de la Manche, tome 3, ISBN 2914541171. Éditions Eurocibles, Marigny
  2. 2,0 et 2,1 Claude Groud-Corday, « L'ouverture du tombeau de saint Firmin, patron secondaire de la collégiale Saint-Évroult de Mortain ( 1er juin 1621) », Revue de l'Avranchin, tome 95, juin 2018, p.149-152