Guerre d'Algérie

De Wikimanche

Mémorial départemental aux Manchois morts en Afrique du Nord

La guerre d'Algérie est un conflit qui s'est déroulé de 1954 à 1962, dans lequel se sont affrontés l'armée française et les indépendantistes algériens.

Mais cette guerre dépasse le territoire algérien et a eu des implications dans le département de la Manche, pourtant loin de la Méditerranée et à la faible diaspora algérienne (entre 130 et 150 Algériens immigrés et 70 au sein du régiment d'infanterie de Granville)[1].

Chronologie

  • 1er novembre 1954 : premières attaques du Front de libération national (FLN) contre la présence française en Algérie.
  • Janvier 1960 : barricades d'Alger.
  • Avril 1961 : putsch des généraux. La Manche reste favorable au pouvoir gaullien[2].
  • 13 janvier 1962 : le colonel Pierre Château-Jobert, ancien Français libre, créateur des troupes parachutistes à la Libération, puis officier dans l'armée en Indochine et en Algérie, en poste comme officier de liaison auprès de la préfecture maritime de Cherbourg, rejoint clandestinement l’Algérie pour se mettre aux ordres du général Salan, chef de l’Organisation armée secrète (OAS), milice pro-Algérie française.
  • Février 1962 : un réseau de l'OAS est démantelé à Cherbourg. Sont arrêtés le commissaire de 1re classe Chartier, un kinésithérapeute, un ancien inspecteur des Renseignements généraux (RG), un agriculteur d'Urville-Nacqueville, le veilleur de nuit de l'hôpital Louis-Pasteur et un enquêteur municipal. Chartier, chef du groupe, est condamné à la mi-octobre à 18 mois de prison, trois de ses complices à six mois, un à dix mois, le dernier bénéficiant d'un non-lieu[3].
  • Été 1962 : les réfugiés pied-noirs sont accueillis en France, y compris dans la Manche. Un centre d'hébergement est ouvert à Granville, les premiers rapatriés s'installent à Quettehou et environ 300 sont à Cherbourg en août, pour lesquels un comité d'accueil installe une permanence dans l'ancien consulat américain, place de la République [4].

On estime qu'en sept ans de guerre, 23 à 25 000 jeunes Manchois ont été affectés en Algérie : 236 y seraient morts au combat [2]. 230 noms sont inscrits sur le mémorial aux victimes manchoises de la guerre d'Algérie à Saint-Lô [5].

Parmi les militaires mobilisés, on compte Georges Fleury, au sein du commando Jaubert, Jean Mabire, à la tête d'un commando de chasse, et Paul Arnault. Jacques Delarue, ancien résistant, est chargé à la Direction centrale de la police judiciaire de lutter contre l'OAS (Organisation armée secrète) alors que Pierre Lemarchand, fonde le Mouvement pour la coopération (MPC), pour contrer l'OAS.

Anne Heinis, militante pour les droits des Français musulmans, mène sa carrière professionnelle auprès des rapatriés d'Algérie, sur le terrain, dans les cabinets ministériels, dans l'administration décentralisée, mais aussi comme universitaire.

Artistiquement, la guerre d'Algérie est la trame de fond du drame des Parapluies de Cherbourg : Guy, mobilisé, quitte Geneviève qu'il ne sait pas enceinte et la retrouve mariée à son retour.

Bibliographie

  • Algérie 1954-1962, mémoire d’une guerre oubliée, éditions Eurocibles, Marigny, 2006

Notes et références

  1. Sven de Geyer, Manifestations de l’opinion publique dans la Manche face à la guerre d’Algérie, mémoire de master 2 Histoire des sociétés occidentales contemporaines, sous la direction de Raphaëlle Branche, Université de Paris 1.
  2. 2,0 et 2,1 « Nos années 60 », La Presse de la Manche, 2010.
  3. « OAS 1962 à Cherbourg », « 120 ans en Cotentin », La Presse de la Manche, hors-série, novembre 2009.
  4. « 1962 - Retour d'Algérie », « 120 ans en Cotentin », La Presse de la Manche, hors-série, novembre 2009.
  5. Ouest-France, 10 mars 2012.