Gilles Perrault

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Gilles Perrault, de son vrai nom Jacques Peyroles, né à Paris le 9 mars 1931, est un écrivain lié au département de la Manche.

Un « horsain » bien implanté

Il est le fils de Georges Peyroles, avocat d'affaires à Paris (1900-), et de Germaine Merlot (1902-1979), avocate, députée MRP de Seine-et-Oise en 1945, tous deux résistants.

Son oncle Alexandre Merlot est nommé maire de Louviers (Eure) en 1941, jusqu'en 1944 et conseiller départemental de 1943 à 1945.

Gilles Perrault est destiné à la profession d'avocat, qu'il embrasse effectivement. Il exerce le métier sept années durant, avant de se consacrer à sa passion : l'écriture. Pour être tranquille, il cherche une maison au calme, qu'il trouve, par hasard, en 1961, à Sainte-Marie-du-Mont.

« Au début, je n'envisageais pas de m'installer définitivement en Normandie. En arrivant, avec ma vieille 2 cv cabossée, je n'ai pas cherché à m'intégrer (...) Je me suis d'abord calfeutré. Et ce qui m'a beaucoup séduit, c'est que les gens m'ont laissé vivre. On reproche souvent aux Normands d'être réservés, c'est ce qui m'a plu... Ils ont su m'accueillir sans m'accueillir, en échangeant le minimum de mots civilisés. Ils me voyaient au restaurant, marcher le long des routes, ils ne me sont pas tombés dessus (...) Ici, il y a un respect des gens, de la tolérance » [1].

Séduit par l'endroit et les gens, Gilles Perrault finit par vivre à temps complet à Sainte-Marie-du-Mont. Il y pratique le sport, accepte la présidence du syndicat d'initiative, et se fait même élire conseiller municipal pour une mandature, en 1971, sans avoir été candidat [2]. En 1977, il n'est pas réélu alors qu'il a brigué les suffrages des Montois. « Avec ma femme, on a été très engagés dans la vie collective de la commune (...) Au bout du bout, si on est là depuis 1961, c'est qu'il y a une vraie coïncidence de tempérament, de caractère, de façon de vivre. Même s'il ne faut pas oublier que de toute façon je suis horsain (...) » [1].

Longtemps après son installation dans le Cotentin, il découvre qu'il a un rapport avec la région par l'intermédiaire d'un de ses grands-pères, Alexandre Merlot (1862-1945), professeur engagé dans la région de Cherbourg [3].

En 1986, il préside le comité de soutien à la candidature d'Olivier Stirn aux élections législatives dans la Manche [4].

En 1989, il est membre du jury du prix Guillaume le Conquérant, remis à Herbert Lottman, à Cherbourg, lors du centième anniversaire de La Presse de la Manche[5].

En 1994, il est présent sur une liste aux élections européennes, avec le réseau Ras l'Front, ce qui provoqua une vive polémique avec Didier Daeninckx [6].

Lors du projet de projet de commune nouvelle de Montmerville, il est parmi les opposants de la disparition de la commune de Sainte-Marie-du-Mont [7].

En 2014, il est le sujet d'un documentaire de Thierry Durand, L'écriture comme une arme.

Carrière littéraire

Gilles Perrault se fait connaître en 1961 par la publication de son ouvrage, Les Parachutistes, inspiré de ses cinq années passées en Algérie en tant qu'engagé volontaire parachutiste. Ses premiers ouvrages paraissent sous le pseudonyme de Gil Perrault, aux éditions Ditis.

Ce premier succès le pousse à abandonner la magistrature et à se consacrer à la littérature. Il quitte le barreau de Paris et s'installe alors définitivement à Sainte-Marie-du-Mont. Cette arrivée dans la Manche est évoquée dans Les Gens d'ici (1981).

Les premières publications de Gilles Perrault traîtent de la Seconde Guerre mondiale, et notamment de la résistance et du débarquement en Normandie, dans lequel la commune de Sainte-Marie-du-Mont a joué un rôle de premier ordre : Le Secret du Jour J (1964), L'Orchestre rouge (1967) et Les Sanglots longs (1970).

Gilles Perrault publie un ouvrage controversé en 1978, Le Pull-over rouge, qui prend position contre la condamnation à mort de Christian Ranucci. Ce livre relance le débat de l'application de la peine de mort en France. Celle-ci sera abolie en 1981 par Roger Badinter.

En 1990, Notre Ami le roi, mettant en lumière les conditions de vie sous la dictature du roi du Maroc Hassan II, provoque un refroidissement des relations diplomatiques entre la France et le Maroc mais permet toutefois la libération de prisonniers.

Son roman Le Garçon aux yeux gris (2001) est adapté au cinéma par André Téchiné sous le titre Les Égarés.

Œuvres

  • Jamais deux sans trois, éd. Ditis 1956
  • Trois as, éd. Ditis 1957
  • C'était le bon temps, éd. Ditis 1957
  • Le Sahara brûle, éd. Ditis 1957
  • Balade au soleil, éd. Ditis 1957
  • La Bombe, éd. Ditis 1958
  • La Grande Soif, éd. Ditis 1960
  • La Main rouge, éd. Ditis 1960
  • Le Faux Frère, éd. Ditis 1960
  • Si tu vas à Cuba, éd. Ditis 1961
  • Furie, éd. Ditis 1961
  • Dynamite, éd. Ditis 1961
  • Les Parachutistes, éd. Le Seuil, 1961
  • Au pied du mur, éd. Denoël, 1963
  • Le Secret du Jour J, éd. Fayard, 1964
  • L'Orchestre rouge, éd. Fayard, 1967
  • Le Dossier 51, éd. Fayard, 1969
  • Les Sanglots longs, éd. Fayard, 1970
  • L'Erreur, éd. Fayard, 1971
  • Le Grand jour. 6 juin 1944, éd. Lattès, 1974
  • La Longue traque, éd. Fayard, 1975
  • La Filière, éd. TF1, 1978 (avec Betty Truck et Jean Cosmos)
  • Le Pull-over rouge, éd. Ramsay, 1978, Le Livre de Poche, 1980
  • Paris, terre d'espoir, éd. Le Sycomore, 1979 (avec Jacques Burstein-Finer, Esther Fridman et Joseph Fridman)
  • Les Gens d'ici, éd. Ramsay 1981, Fayard, 1997, Le Livre de Poche 1999
  • Casanova, J'ai lu, 1982
  • Un homme à part, éd. Fayard 1984 et 2006
  • Le Dérapage, éd. France-Loisirs, 1987
  • Notre ami le roi, éd. Gallimard, 1990
  • Le Secret du roi (3 tomes), éd. Fayard, 1992-1996
  • Les Jardins de l'Observatoire, éd. Fayard, 1995
  • Le Goût du secret. Entretien avec Jean-Maurice de Montremy, éd. Arléa 1997
  • La Pièce des dépêches, éd. Fayard, 1998
  • Pourquoi les guerres ?, éd. Le Seuil, 1999
  • Le Garçon aux yeux gris, éd. Fayard 2001
  • Go !, éd. Fayard 2002, Le Livre de Poche, 2005
  • Les Vacances de l'Oberleutnant von La Rochelle, 2002, Le Livre de Poche 2004
  • Le Faux monnayeur, Éditions Offset, 2003 (avec Didier Gallot)
  • La Jeune femme triste, éd. Fayard 2004, Le Livre de Poche 2006
  • Le Déshonneur de Valéry Giscard d'Estaing, éd. Fayard, 2004
  • L'Homme au bout du rouleau, éd. Fayard 2004, Le Livre de Poche, 2006
  • L'Ombre de Christian Ranucci, éd. Fayard, 2006
  • Checkpoint Charlie, éd. Fayard, 2008
  • Les Deux Français... et autres récits, éd. Fayard, 2010
  • Dictionnaire amoureux de la Résistance, éd. Plon/Fayard, 2014
  • Grand-père, éd. Le Seuil, 2016

Notes et références

  1. 1,0 et 1,1 Paul Burel, Trop forts les Normands !, éd. Ouest-France, 2010.
  2. « Comment vont les gens d'ici ? » Ouest-France , 3 juillet 2016 (lire en ligne).
  3. Bernard Pivot, « Alexandre Merlot, cépage de rouge », Le Journal du Dimanche, 12 juin 2016.
  4. Jean-François Erksen, « Gilles Perrault présente l'homme du Président », Ouest-France, 27 décembre 1985.
  5. La Presse de la Manche, du 5 novembre 1989, page 6.
  6. Didier Daeninckx, « Le goût de la vérité. Réponse à Gilles Perrault », Editions Verdier, 1997.
  7. « Sainte-Marie-du-Mont. L'écrivain Gilles Perrault en avocat de poids », Ouest-France, 18 septembre 2015 (lire en ligne).