Germaine de Saint-Jorre

De Wikimanche

Germaine de Saint-Jorre, née à Percy en juin 1912, morte à Villebaudon en 2003, est une résistante de la Manche.

Résistante de l’ombre… en toute modestie !

Germaine de Saint-Jorre est une de ces résistantes de l’ombre avec, au quotidien, d’abord des petites actions (transport de messages, etc…) puis, de mois en mois, des actes de sabotages, etc… mais contrairement à Marie Lesage, elle échappe au pire et sans jamais pouvoir oublier le drame de ses amis fusillés à Beaucoudray.

Elle entre par hasard dans la Résistance. Son métier de couturière à domicile lui fait connaître notamment la famille Fillâtre, membre actif du réseau PTT, qui tient une épicerie-tabac à Villebaudon [1]. Ils deviennent amis et ne refusent jamais de rendre de menus services. Le code est le suivant, « Lucienne est malade, viens vite, nous avons besoin de toi » [1]. C’est ainsi qu’elle sait qu’une mission l’attend. Elle côtoie alors une autre femme, Berthe Leblond, institutrice, qui est chargée d’écouter la radio [1].

À partir de 1944, les actions s’intensifient. Elle participe directement aux parachutages et caches d’armes, au sabotage de lignes téléphoniques où elle remplace, au pied levé, un résistant blessé [1]. Après ce sabotage, les Allemands identifient le réseau. Dénoncés, les Fillâtre parviennent à s’enfuir jusqu’à Percy avec Germaine de Saint-Jorre, évitant le sort de leurs collègues de Beaucoudray. Croisant les troupes alliées, elle revient définitivement vivre sa vie à Villebaudon, témoignant toujours sobrement pour elle « chasser l’ennemi était naturel » [1].

Son parcours témoigne aussi de l’engagement de la population civile et va ainsi à contre-courant des historiens mettant en avant la passivité systématique de la population [1]. Ce parcours est aussi, pour ceux qui n’ont rien fait, ni osé, la plus belle preuve que résister était dans le domaine du possible.

Notes et références

  1. 1,0 1,1 1,2 1,3 1,4 et 1,5 Dictionnaire des personnages remarquables de la Manche, tome 3, Jean-François Hamel, sous la direction de René Gautier.