Georges Scelle

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Georges Scelle

Georges, Auguste, Jean, Joseph Scelle, né à Avranches le 19 mars 1878, décédé le 8 janvier 1961, est un universitaire et juriste de la Manche.

Biographie

rue de Lille, au n° 13 [1] à Avranches où son père est avoué, Georges Scelle excelle au collège municipal puis obtient son doctorat à la faculté de droit de Paris et étudie à l'École libre des sciences politiques de Paris où il gagne un prix pour sa thèse La Traite négrière aux Indes de Castille, dirigée par Pillet en 1906[2].

Éphémère secrétaire de l'ambassadeur du Brésil lors de la deuxième conférence de la Paix en 1907[3], il enseigne à l'université de Sofia en Bulgarie de 1907 à 1909, puis à Dijon, en 1910-1911, et Lille en 1911-1912. [2].

En 1910, il est secrétaire de la délégation américaine dans l'affaire de la Orinoco Steamship Cy [3].

Agrégé en 1912, il est nommé professeur de droit international à la faculté de droit de Dijon[3].

Mobilisé le 3 août 1914, il est promu lieutenant et affecté en 1917 à l'état-major de la 8e armée comme expert légal[2].

À l'issue de la Première Guerre mondiale, il ne croit pas la paix durable, et prône une union des pays européens[4]. Il acquiert une célébrité universitaire en France et à l'étranger grâce à sa théorie de l’objectivisme sociologique en droit international, considérant que le droit international s'applique aux hommes et non aux États, parue dans Précis du droit des gens.

Il retrouve l'université de Dijon, et est porté entre juin 1924 et juillet 1925, à la tête du cabinet du ministre du Travail, Justin Godard, participant notamment à la rédaction du décret fondant le conseil économique et social, le 16 janvier 1925[2]. Il est expert technique de la délégation française à la Ve assemblée de la Société des Nations en 1924[3].

L'annonce de sa nomination pour le cours de droit international public le 25 février 1925, par François-Albert, ministre de l'Instruction publique, à la faculté de droit de Paris, provoque la colère des étudiants de l'Action française, qui reprochent un favoritisme alors qu'il n'a été classé que deuxième par l'avis du Conseil de la faculté derrière le Rennais Louis Le Fur. Empêché de faire cours, malgré l'intervention de la police à laquelle s'oppose le doyen Berthélémy qui est suspendu, il suscite un débat parlementaire[5]. Il demeure finalement à Dijon jusqu'en 1933 date à laquelle il est nommé à la faculté de Paris jusqu'à sa retraite, en 1948[3].

À partir des années 1930, et jusqu'à sa mort, il influence fortement la génération au pouvoir dans la fonction publique française et au sein des milieux universitaires de droit, ayant parmi ses élèves Georges Berlia, Lazare Kopelmanas, Guy de Lacharrière, Georges Burdeau, Charles Rousseau et René-Jean Dupuy[2].

Il est également professeur ordinaire à la faculté de droit de Genève et à l'Institut universitaire des hautes études internationales de 1929 à 1933[3].

Il siège à l'Institut de droit international à partir de 1929, et est nommé secrétaire général de l'Académie de droit international de La Haye en 1938.

Il assiste en 1945 à New York, à la naissance de l'Organisation des Nations unies (Onu) dont il préside la commission de droit international jusqu’en 1950, et en 1946 à l'ultime réunion de la Société des Nations[4]. Il est membre de l’Organisation internationale du travail depuis sa création au sein de la Commission de contrôle des conventions internationales de travail et comme vice-président du tribunal administratif de l’OIT et de la Cour permanente d’arbitrage. Il plaide également à la Cour internationale de Justice.

Il est enterré au cimetière d'Avranches.

Hommages

Il laisse son nom à la place où se situe son ancien collège, aujourd'hui collège Challemel-Lacour.

Notes et références

  1. Aujourd'hui n° 18-20.
  2. 2,0, 2,1, 2,2, 2,3 et 2,4 http://www.ejil.org/pdfs/1/1/1129.pdf.
  3. 3,0, 3,1, 3,2, 3,3, 3,4 et 3,5 Recueil des cours, volume 55 (1936/I), Académie de droit international de La Haye, Martinus Nijhoff Publishers, 1973, p. 89.
  4. 4,0 et 4,1 Qui sont les grands hommes d’Avranches ?, La Manche libre, septembre 2010.
  5. Albert Marty, L'Action française racontée par elle-même, Nouvelles éditions latines, 1968, p. 216-218.