Georges Lavalley

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Georges Lavalley, né à Saint-Lô en 1894, mort le 5 avril 1959, est un homme politique de la Manche.

Il est souvent présenté comme le « maire de la reconstruction » de Saint-Lô.

Biographie

Il est le fils de d'Ernest et Marie-Louise Lavalley, propriétaires des nouvelles galeries de la rue Torteron avant 1944. En 1932, il reprend avec son épouse Suzanne Letenneur, son frère Roger Lavalley, et son épouse Madeleine Letenneur le commerce de ses parents [1]. Exilé à Coutainville lors des bombardements de 1944, il revient à Saint-Lô le 29 juillet [1].

Le 31 juillet 1944, le préfet de la Manche Édouard Lebas nomme Georges Lavalley administrateur de Saint-Lô.

Commerçant, Georges Lavalley n’est pas un inconnu quand, le 24 septembre 1944, il est nommé par les Américains président de la délégation municipale de la « capitale des ruines ». Cet ancien combattant de Première Guerre mondiale, gravement blessé en 1915 dans un accident d’avion, s’est rendu populaire en tant que président du Stade saint-lois depuis 1935. De plus, son attitude très digne sous l’Occupation lui a valu l’estime générale de ses concitoyens [2].

Il est élu maire au printemps 1945. Il le reste jusqu'en 1953. Son combat est « d'encourager les habitants à revenir à Saint-Lô et faire renaître la capitale des ruines » [3].

Georges Lavalley fait beaucoup d'efforts pour doter sa ville d'un nouvel hôpital, l'ancien ayant été détruit par les bombardements. Il effectue deux voyages aux États-Unis en 1947, en janvier et en juin, pour sensibiliser la population américaine à cette réalisation. Lors du premier, il rencontre le général Eisenhower et le président Harry Truman.

Il est souvent désigné à Saint-Lô comme « maire de la reconstruction ».

Il va présider aux destinées de sa ville jusqu’en 1953. Une tâche gigantesque l’attend à son arrivée à la mairie. La ville, on le sait, a été pratiquement anéantie. Raoul Dautry, ministre de la Reconstruction, déclare : « Entourez cette ville de barbelés et reconstruisez-là ailleurs ! » Georges Lavalley lui réplique qu’il relève le défi : « La ville n’est pas rayée de la carte. Ensemble, nous la reconstruirons ! » Il s’attache d’abord à déblayer les ruines et à reloger les sinistrés. Puis il s’attaque à l’œuvre de reconstruction proprement dite, avec les encouragements du général de Gaulle qu’il reçoit le 10 juin 1945 en présence d’une foule enthousiaste. Il est aidé dans sa tâche par les Américains eux-mêmes qui lui proposent de « faire quelque chose pour Saint-Lô ». Il ne s’agit pas seulement de la construction de l’hôpital Mémorial dont la première pierre fut posée le 16 juillet 1948 [4]. Georges Lavalley est invité aux Etats-Unis où il se rend une première fois en janvier 1947. Il inaugure alors à Baltimore une collecte de fonds destinés à l’hôpital Mémorial. À cette occasion, il est reçu comme un ambassadeur par le général Collins, le libérateur de Cherbourg, par le général Eisenhower et par le président Harry Truman. Il retourne aux États-Unis en juin suivant. Cette année, Georges Lavalley se représente aux élections municipales dont les résultats peuvent le remplir d’amertume. Assez peu reconnaissants du dévouement de leur maire qui se dit « follement amoureux » de sa ville, les Saint-Lois ne le réélisent que de justesse. Un an plus tard, Georges Lavalley a la joie de poser la première pierre de l’hôpital Mémorial, dédié à la mémoire des soldats américains tombés pour la libération de la Manche. En 1950, le 18 juillet, c'est la pose de la première pierre de la nouvelle préfecture qui symbolise la résurrection de la ville [3]. Le « maire de la Reconstruction » reçoit le président de la République Vincent Auriol, venu remettre la croix de guerre et la Légion d’honneur à la ville. Ce jour-là, on voit Georges Lavalley pleurer en public. Mais l’homme est fatigué. En 1953, il renonce à toutes ses fonctions municipales et se retire de la vie politique locale.

« Il laisse le souvenir d'un travailleur acharné, aux pires heures de la désolation de 1944-45, omniprésent en bottes et imperméable dans la boue et la poussière de la ville détruite. » [5].

Il est conseiller général de 1945 à sa mort, en 1959 [6].

Son frère, Roger Lavalley, ancien observateur d'artillerie sur biplan durant la Grande Guerre, est responsable des équipes de la Défense Passive de Saint-Lô lors des bombardements de 1944.

Hommages

Un collège de Saint-Lô perpétue la mémoire de Georges Lavalley en portant son nom.

Le 17 mai 2001, œuvre du sculpteur Marion Gombault, son buste est inauguré dans la cour du collège saint-lois. Cette cérémonie est un nouvel hommage rendu à celui qui, au lendemain de la dernière guerre, fut le reconstructeur de la cité qui l’avait vu naître, meurtrie par les bombardements de juin 1944.

Notes et références

  1. 1,0 et 1,1 « Les Nouvelles galeries : une histoire de famille », Ouest-France, site internet, 18 janvier 2014
  2. Jean-François Hamel, sous la direction de René Gautier, Dictionnaire des personnages remarquables de la Manche, tome 3, éd. Eurocibles.
  3. 3,0 et 3,1 « 14 maires et 126 ans d'élections municipales », Ouest-France, 29 mars 2014.
  4. parfois aussi le 18.
  5. « Les années 50 dans la Manche », Ouest-France, hors-série, sd.
  6. « Tout sur la Manche », Revue du département de la Manche, tome 29, n° 113-114-115, 1987.