Fernand Le Rachinel

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Fernand Le Rachinel

Fernand Le Rachinel, né à Gourfaleur le 4 juin 1942, est un homme politique de la Manche.

Petit-fils et fils d'ouvrier, il s'initie au métier d'imprimeur comme « mousse » à l'imprimerie Jacqueline à Saint-Lô [1]. Il part à 19 ans en Algérie, où il reste dix-huit mois [1]. De retour au pays, il voyage beaucoup, rencontre sa femme, Allemande d'origine [1]. Il revient au métier de l'imprimerie. Il est sacré meilleur ouvrier de France en 1972. Il est aujourd'hui à la tête de plusieurs imprimeries à Saint-Lô (Off'7 et la Société d'impression d'art Le Rachinel, SIAL), Vire (Calvados, Le Cornec), Lille (Schaeffer) et Paris (Lutèce Impressions), ainsi que dans l'île de Saint-Barthélemy (Antilles françaises). Il est également propriétaire de plusieurs sociétés immobilières, et président du conseil d'administration de l'Hôtel Ibis de Saint-Lô. Il a également présidé le tribunal de commerce.

Il se lance dans la politique au côté de Jean-Marie Daillet à Saint-Lô lors des municipales de 1977 [1]. Il tente sa chance à Canisy, où il est élu conseiller municipal [1].

Il est élu conseiller général du canton de Canisy en 1979, lors d'une élection partielle organisée après le décès de Michel Yver de la Vigne-Bernard [2]. Il bat le fils du sortant, à l'issue d'une « campagne à l'américaine » [1]. Il est réélu en 1982.

La même année, il entre au Front national. Il est secrétaire départemental de ce parti pour la Manche en janvier 1985 [3] et bientôt responsable pour la Basse-Normandie. Il entre au bureau national du parti et siège au conseil régional de Basse-Normandie à partir de 1986. Le patron du Front national n'a alors que des qualités à ses yeux : « Le Pen, c'est, dans la classe politique française, le plus brillant, le plus sincère, le plus droit. » [1]. Partisan de l'unité normande, Fernand Le Rachinel est administrateur du Mouvement normand.

Il se présente aux élections sénatoriales de 1983. Il y obtient 31,26 % des voix. Il se présente de nouveau en 1984 et double son score.

En 2001, il ne se représente pas dans le canton de Canisy et est nommé conseiller général honoraire de la Manche. Candidat aux élections législatives dans la Première circonscription de la Manche, il obtient 12,11 % en 2002 et 6,81 % en 2007. Il entre au Parlement européen le 22 octobre 2004 en remplacement de Chantal Simonot, démissionnaire. En 2006, il quitte le conseil régional de Basse-Normandie.

Responsable lors l’élection présidentielle de 2007, des signatures pour Jean-Marie Le Pen, dont il est un ami proche, il est également le principal bailleur de fonds du parti d'extrême droite. Ainsi, lors des législatives de 2007, il prête personnellement près de 8 millions d'euros pour financer entre autres les documents de campagne imprimés par les entreprises de l'imprimeur. Dénonçant une surfacturation et au bord de la faillite, le Front national refuse de rembourser. Fernand Le Rachinel demande donc le blocage des comptes du parti et une procédure de saisie conservatoire sur le montant de la vente du siège du FN à Saint-Cloud. En novembre 2013, la condamnation du Front national à rembourser 6,7 millions d'euros à Fernand Le Rachinel devient définitive [4].

Ces conflits avec la direction nationale du FN l'amènent à démissionner du Front national le 21 octobre 2008, annonçant demeurer dans la vie politique en se présentant aux européennes de 2009 aux côtés de Carl Lang sous l'étiquette du Parti de France, tandis que la quasi-totalité des conseillers régionaux FN rejoignent également le mouvement dissident. Fernand Le Rachinel perd néanmoins son dernier mandat sa liste ne récoltant que 2,46 % des voix dans la Manche. Il mène la liste de ce parti aux régionales de 2010 en Basse-Normandie, obtenant 3,71 % des voix au niveau régional, et 4,75 % dans la Manche, privant le FN du second tour.

Il cesse progressivement ses activités professionnelles, cédant Cotentin étiquettes en 2007, puis, en juillet 2008, sa principale entreprise, la SIAL, à Armel Dubourg au sein de Diamen France, mais conservant en 2009 l'imprimerie Ulfima à Meudon (Hauts-de-Seine).

Notes et références

  1. 1,0 1,1 1,2 1,3 1,4 1,5 et 1,6 Philippe Bertin, « Fernand Le Rachinel, le "Rambo" de la politique », La Manche Libre, 23 février 1986.
  2. « Tout sur la Manche », Revue du département de la Manche, tome 29, n° 113-114-115, 1987.
  3. « Fernand Le Rachinel, nouveau secrétaire départemental du Front national », Ouest-France, 21 janvier 1985.
  4. « Le FN définitivement condamné à rembourser plus de 6 M€ à Le Rachinel », AFP, 15 novembre 2013, 12 h 01.