Dunes de Biville

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Les dunes de Biville sont un site naturel de la Manche, situé à Biville, Vasteville et Héauville. Classé zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) de type 1 sous le titre de « massif dunaire de Biville, Vasteville et Héauville », il abrite 183 espèces végétales et animales répertoriées.

Trois cents hectares situés à Vasteville, jusqu'alors propriété de l'Armée de terre comme champs de tir, sont acquis par le Conservatoire du littoral en décembre 2013 [1].

Description

Le massif dunaire de 617,56 hectares, formé durant les épisodes régressifs holocènes (10 000 ans), se compose de quatre types de dunes atlantiques : la dune embryonnaire, limitée par la forte érosion, la dune vive, dominé par l'oyat, en parallèle au rivage, la dune fixée, par une pelouse dunaire basse et des arbustes, et la dune perchée, s'appuyant sur le relief fossile[2]. D'une hauteur comprise entre 3 et 10 mètres[3] et situées entre 0 et 114 mètres d'altitude, elles sont les seules dunes françaises en croissant[2].

Bordant l'anse de Vauville, les dunes s'étendent sur environ 10 km de long, de Vauville à Siouville-Hague[3]. Outre la ZNIEFF, elles sont protégées au titre du site classé et inscrit de la Hague, de la loi littoral et du champ d'acquisition du conservatoire du littoral[2].

Une partie de ces dunes sont longtemps classées « terrain militaire ». Longtemps, les régiments de Cherbourg, Saint-Lô et Granville y sont venus, entre mai et septembre, faire leurs manœuvres et même des essais de tir [3]. Une opération de nettoyage est engagée le 10 septembre 2012 pour s'achever le 19 octobre afin de la débarrasser des munitions qui y sont enfouies [4]. Les dunes seront cédées ensuite au Conservatoire du littoral.

Flore

Vue ancienne

Mêlant végétation thermophile et hygrophile, on y retrouve le chou marin (Crambe maritima), l'œillet de France (Dianthus gallicus), l'élyme des sables (Leymus arenarius), la pensée naine (Viola kitaibeliana), l'ophioglosse vulgaire (Ophioglossum vulgatum), la renoncule à petites fleurs (Ranunculus parviflorus), l'asperge prostrée (Asparagus officinalis ssp. prostratus), le cynodon (Cynodon dactylon), la koelérie blanchâtre (Koeleria albescens), la scille d'automne (Scilla autumnalis), le spiranthe d'automne (Spiranthes spiralis), l'Arabette hirsute (Arabis hirsuta), le bec-de-grue glutineux (Erodium glutinosum), la moenchie dressée (Moenchia erecta), le polycarpon à quatre feuilles (Polycarpon tetraphyllum), le rosier pimprenelle (Rosa pimpinellifolia), la garance voyageuse (Rubia peregrina), le silène conique (Silene conica), le trèfle occidental (Trifolium occidentale), la véronique en épi (Veronica spicata), le marisque (Cladium mariscus), le jonc aigu (Juncus acutus), la pyrole à feuilles rondes (Pyrola rotundifolia), la sagine noueuse (Sagina nodosa), la germandrée des marais (Teucrium scordium ssp. scordioides), le scirpe pauciflore (Eleocharis quinqueflora), l'hippocrépis à toupet (Hippocrepis comosa), la laîche luisante (Carex liparocarpos)[2].

Plusieurs champignons poussent également, dont le tulostoma brumale[2].

Faune

Les dunes abritent l'argus bleu céleste (Lysandra bellargus) et le sphinx de l'euphorbe (Hyles euphorbiae)[2].

Elles sont un lieu de nidification important, notamment de l'hirondelle de rivage (Riparia riparia), du grand Gravelot (Charadrius hiaticula), et du gravelot à collier interrompu (Charadrius alexandrinus), du traquet motteux (Oenanthe oenanthe)[2].

Épaves militaires

Héritage du terrain militaire, trois chars Sherman aux canons de 176 mm, deux half-track M3, une automitrailleuse Ford M8 et deux blindés de reconnaissance Panhard, sont abandonnés au milieu des dunes. À l'instar du Lucifer II dans l'anse Sainte-Anne pour les élèves de l'École des marins électriciens-sécurité, ce cimetière de véhicules servait de lieux d'exercice pour les militaires, régulièrement pilonné ou mitraillé[5].

Ces épaves, achetées par le musée Airborne, tandis que le conservatoire du littoral a acquis le terrain, doivent être déplacées pour rendre au terrain son caractère naturel, mais le coût de l'enlèvement rend l'opération difficile[5].

Tournage

En 1988, les dunes ont servi de décor à plusieurs scènes du film La Petite voleuse, de Claude Miller, avec Charlotte Gainsbourg et Didier Bezace [6].

Bibliographie

  • Thierry Dubillot, « Dans le Cotentin, à Biville, on a marché sur la dune », Ouest-France, 1-2 août 2015

Notes et références

  1. Hélène Bielak, « L'armée déserte les dunes de Biville », Ouest-France, 5 février 2014.
  2. 2,0 2,1 2,2 2,3 2,4 2,5 et 2,6 « Massif dunaire de Biville, Vasteville et Héauville », Inventaire du patrimoine naturel de Basse-Normandie, Direction régionale de l'Environnement, 2008.
  3. 3,0 3,1 et 3,2 Claude Pithois, La Hague, terre ignorée..., Librairie G. Gautier, 1961.
  4. « Les dunes de Biville seront dépolluées à partir du 10 septembre », Ouest-France, 6 septembre 2012.
  5. 5,0 et 5,1 Alain Fergent, « Promenades insolites : arrête ton char ! »
  6. René Prédal, Le Cinéma en Normandie, éd. Charles Corlet, 1998.

Lien interne