Charles-François Dumouriez

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Dumouriez.
Portrait posthume par Jean-Sébastien Rouillard.

Charles-François Dumouriez, pour l'état civil Charles François du Périer du Mouriez, né à Cambrai (Nord) le 26 janvier 1739, mort à Turville-Park, près de Londres (Royaume-Uni) le 14 mars 1823, est un militaire français lié au département de la Manche.

Biographie

Il entre dans la carrière militaire en 1758, à 19 ans. Il fait sa première campagne comme cornette de cavalerie dans le régiment d'Escars. Il participe comme capitaine à la guerre de Sept ans. Il en revient avec vingt-deux blessures.

Le duc de Choiseul en fait un agent secret. En 1768, il participe à l'occupation de la Corse, que la France vient d'acheter à la République de Gênes. On lui confie des missions secrètes en Pologne, puis en Hongrie et en Suède. À la suite d'un malentendu, ill est emprisonné à la Bastille, puis au château de Caen.

Il est gouverneur de Cherbourg pendant 11 ans, de 1778 à 1789, commandant de la garde nationale de Cherbourg. Il y conduit en particulier les travaux de construction de la rade. Il rejoint Cherbourg le 1er mars 1778, « à sa demande » [1]. Un article sur le port, publié quelque temps auparavant, l'avait fait remarquer et lui avait valu ce poste [1]. Une fois à Cherbourg, il ne cessa de vanter l'importance stratégique du port [1]. Très imbu de lui-même et de son rang, il s'attire l'antipathie de la population et même celle de la municipalité qui n'hésite pas à dénoncer son « indolence impardonnable » [1]. Il est vrai aussi que dans une lettre au duc d'Harcourt, il s'est plaint de la vie à Cherbourg : « Vous connaissez la vie de Cherbourg ? Vous jugez combien elle est terrible et désagréable quand on y passe l'année entière » [1]. Il menait pourtant grand train dans cette ville honnie. Il organisait ses propres réceptions et il aimait fréquenter celles des autres. En 1780, il fréquente notamment au Becquet celles de « la jolie Mme de Pelouze » [1].

Il fait allégeance à la Révolution à ses débuts et relance ainsi sa carrière. Il est nommé ministre des Affaires étrangères le 15 mars 1792, puis un court temps chargé du ministère de la Guerre. Tombé en disgrâce, il démissionne le 15 juin 1792 et reprend sa carrière militaire.

Il envahit la Hollande, où il remporte plusieurs victoires avant de connaître l'échec le 18 mars 1793 lors de la bataille de Neerwinden. La Convention veut le traduire devant le Tribunal révolutionnaire. Il se rallie à l'Autriche. Après une période d'errance, il se fixe en Angleterre en 1800, où il meurt à 84 ans. Ses restes sont déposés dans l'église de Henley-on-Thames (Oxfordshire).

Son nom figure sur l'Arc de Triomphe de l'Étoile à Paris.

Bibliographie

  • La Vie du général Dumouriez, B. G. Hoffmann, Hambourg, 1794 (lire en ligne)
  • Lettres inédites du général Dumouriez et du capitaine de vaisseau La Couldre de La Bretonnière au sujet du port de Cherbourg, éd. Hardel, Caen/Aubry, Paris, 1863
sur Dumouriez
  • Berville et Barrière, La Vie et les mémoires du général Dumouriez, Baudouin frères, Paris, 1822 (lire en ligne)
  • Émile Le Chanteur de Pontaumont, « Le banc de Dumouriez à l'église Sainte-Trinité de Cherbourg », Mémoires de la Société nationale académique de Cherbourg, vol. IX, 1867
  • Arthur Chuquet, Dumouriez, Librairie Hachette, 1914, réédité en 2009 aux éditions Maison
  • Isabelle Henry, Dumouriez : général de la Révolution, 2002
  • Jean-Pierre Bois, Dumouriez, héros et proscrit, Librairie Perrin, 2005
  • Sophie de Lastours, Fers croisés sur Dumouriez, éd. L'Harmattan, 2013

Notes et références

  1. 1,0 1,1 1,2 1,3 1,4 et 1,5 « Dumouriez, commandant de place à Cherbourg », Cherbourg-Éclair, 2 août 1933.