Cogema

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La Cogema, pour Compagnie générale des matières nucélaires, est une ancienne entreprise de la Manche.

L'activité principale de la Cogema dans la Manche est concentrée sur le site de l'usine de retraitement de la Hague.

En 2006, sa dénomination devient Areva NC.

Le Commissariat à l'énergie atomique

La France a une longue tradition de physiciens-chercheurs dans le domaine de l'atome. Henri Becquerel découvre la radioactivité naturelle en 1896 et Pierre et Marie Curie font la découverte du radium et du polonium en 1898. Les trois chercheurs reçoivent le prix Nobel de physique en 1903. En 1935, Frédéric et Irène Joliot-Curie reçoivent le prix Nobel de physique pour la mise en évidence de la radioactivité artificielle un an plus tôt.

Le général de Gaulle souhaite que la France poursuive ses recherches et crée pour cela une structure en 1945, alors qu'il dirige le Gouvernement provisoire de la République française : le Commissariat à l'énergie atomique (CEA). La direction du CEA est confiée à Frédéric Joliot-Curie.

À la fin des années 1940, on découvre les premiers gisements d'uranium en France. La véritable production à grande échelle n'est lancée qu'à partir de 1953, en Vendée et à Madagascar[1].

À Marcoule (Gard), le CEA crée un centre de production de plutonium en 1955 puis une usine de traitement des combustibles nucléaires en 1958[2].

En 1961, un an après la première explosion d'une bombe atomique française, une seconde usine de retraitement se profile dans la presqu'île de la Hague.

Voir l'article détaillé : Usine de retraitement de la Hague

À Cherbourg, en 1967, le sous-marin à propulsion nucléaire Le Redoutable est lancé en présence du général de Gaulle, président de la République.

La Cogema

Une entreprise est fondée en 1973 pour se consacrer à l'enrichissement de l'uranium : il s'agit d'Eurodif, dirigée par Georges Besse. Ce dernier devient directeur général de la Cogema en 1976 à sa création. André Giraud est nommé président de la nouvelle entreprise qui a un capital de 4,7 milliards de francs. La Cogema reprend toutes les activités de production du CEA. Ce passage d'un organisme étatique à une entreprise publique n'est pas sans créer des tensions avec les salariés, tensions qui dureront trois mois, tant dans la Hague qu'à Marcoule[1].

Georges Besse devient président directeur général de la Cogema en 1978 et le reste jusqu'en 1982.

La Cogema a la charge de la production d'uranium. Les mines françaises ne sont pas suffisantes et le continent africain est le premier fournisseur de minerai. Les mines du Niger, surtout, mais aussi celles de Madagascar, du Mali, du Sénégal et du Gabon fournissent l'uranium nécessaire à la production d'énergie française. La Cogema se positionne donc en amont (extraction de l'uranium) et en aval (retraitement des déchets des centrales) de la filière nucléaire[1].

La Cogema développe ses techniques de retraitement et de transport du combustible usé. Le traitement des combustibles des réacteurs à eau légère devient la norme. Pour transporter le combustible irradié et le plutonium la Cogema met au point des châteaux, conteneurs spécifiques aux matières radioactives qui sont spécialement adaptés au transport par bateau, train ou camion[1].

En 1977, la Cogema entre dans le capital de la compagnie de navigation Pacific Nuclear Transport Ltd à hauteur de 12,5 %. Deux ans plus tard, elle renforce ses parts dans Amok, société possédant des mines d'uranium au Canada (33 %). En 1981, Eurodif entre dans le giron du groupe Cogema puisque celle-ci devient actionnaire majoritaire. La capitalisation du groupe est portée à 5 milliards de francs[1].

Dans les années 1980, la Cogema enchaîne les signatures de contrats avec les pays producteurs d'électricité nucléaire : la Belgique, l'Allemagne, etc. mais surtout le Japon avec lequel les relations commerciales sont excellentes.

Dans les années 1990, la Cogema parfait son positionnement. Elle est le premier producteur mondial d'uranium, grâce à ses implantations stratégiques sur tous les continents et le leader mondial pour le retraitement du combustible nucléaire, principalement grâce à l'usine de retraitement de la Hague qui peut retraiter jusqu'à 1 600 tonnes de combustible par an, record mondial (1 300 t en 1994)[1]. Grâce à Eurodif, elle contrôle également l'enrichissement de l'uranium avant son utilisation dans les réacteurs des centrales nucléaires. Réacteurs qu'elle met au point.

Le chiffre d'affaires de la Cogema est de 26,4 milliards de francs pour un bénéfice de 841 millions de francs en 1994. Ses réserves d'uranium atteignent 200 000 t. Toujours en 1994, elle compte 17 000 salariés.[1].

Le développement de la technologie propre à la Cogema continue puisque de 1980 à 1995, le volume des déchets à été divisé par trois.

Présidents

  • 1976-1978 : André Giraud
  • 1978-1982 : Georges Besse
  • 1982-1984 : Michel Pecqueur
  • 1984-1988 : François de Wissocq
  • 1988-1999 : Jean Syrota
  • 1999-2011 : Anne Lauvergeon
  • 2011- : Luc Oursel

Areva

En 2006, la Cogema change de nom pour Areva. Plus précisément, la branche « retraitement du combustible » devient Areva NC.

Voir l'article détaillé : Areva NC

Notes et références

  1. 1,0 1,1 1,2 1,3 1,4 1,5 et 1,6 Éric Fottorino, Aventures industrielles, Paris, Stock, 1996, pp. 295-313.
  2. areva.com, consulté le 11 mars 2011.

Liens internes

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