Cidre dans la Manche

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Le pressoir à cidre.

Le cidre est une boisson traditionnelle dans la Manche, comme dans le reste de la Normandie et de l'Ouest de la France.

Il est obtenu par la fermentation de jus de pommes et sert de base pour la conception du pommeau et du calvados.

Histoire

Une certaine tradition fait du Cotentin l'une des premières régions cidricoles de Normandie. C'est en tout cas l'opinion de Julien du Paulmier, auteur d'un Traité du vin et du sidre en 1589 [1], où il affirme que Les Costentinois en ont cogneu premierement l'usage par deçà, ce qu'on peut entendre par les plus vieilles & antiques fieffes de leurs terres, faites aux charges & conditions de cueillir les pommes, & faire les sidres.

Au XVIe siècle, Guillaume d'Ursus, seigneur de Lestre et d'Anneville, fabriqua un cidre à base de « pommes d'épice » dont la renommée s'étendit « au-delà de la Normandie, car François Ier l'apprécia au point d'en emporter à sa suite et dont "il usa tant qu'il put durer" » [2].

Recette

« Pressez la pomme, laissez son jus fermenter… et vous obtiendrez une boisson mordorée, rafraîchissante » et « gouleyante » dit-on ici.
La recette est un peu rapide, la pratique plus délicate…
Le premier point est de sélectionner ses pommes : les cidres de mono-variété sont quasi-inexistants car déséquilibrés.
Il faut donc associer de multiples variétés issues de 3 grandes familles : les acidulées, les douces, les douces-amères… "Belle fille de la Manche, Peau de Chien…" autant de pommes différentes pour faire un bon cidre.
Il ne vous restera ensuite … qu’à aller prendre conseil auprès des producteurs (nombreux sont ceux qui accueillent le touriste de passage…) et à déguster en leur compagnie !

Production

Affiche d'Eugène Le Mouël pour le Domaine de Valencey à Cérences.

La Manche produisait environ 1 007 000 hectolitres par an dans les années 1830 [3]. Au milieu du 19e siècle, la production tombe à 854 000 hectolitres de cidre, représentant une valeur de 6 739 520 F [4], loin derrière la Seine-Inférieure (1 622 000 hl), mais proche du Calvados (911 000 hl) et l'Orne (858 000 hl), et devant l'Eure (755 000 hl).

À la fin du 19e siècle, elle en produisait 1 340 000 hectolitres [5].

En 1925, « on détient le record pour la production cidricole, avec une moyenne de récolte annuelle de 3 millions d'hectolitres » [6].

Appellation contrôlée

Le département de la Manche est couvert par l'indication géographique protégée (IGP) « Cidre de Normandie ». En octobre 2016, l'Institut national des appellations d'origine (INAO) publie un décret accordant le classement d'appellation d'origine contrôlée (AOC) au « cidre Cotentin » [7]. Son comité avait approuvé le cahier des charges définissant cette qualification le 8 juin précédent, à l'unanimité moins une abstention [8].

Il est le troisième cidre français à bénéficier d'une AOC, après le cidre du Pays d'Auge et le cidre de Cornouailles en Bretagne.

Le 26 juin 2018, l'Union européenne valide la demande de « Cidre Cotentin » pour bénéficier cette fois, d'une appellation d'origine protégée (AOP) [9].

Crus réputés

Au 16e siècle, Beuzeville-sur-le-Vey (commune actuelle des Veys) était réputée pour ses pommes à cidre, comme en atteste Julien du Paulmier [10] : Les meilleurs sidres de la Normandie se trouvent en Costentin, & en premier lieu à Beuzeville sur le Vé, chez le sieur duquel lieu se trouvent Chevalier, pomme rayee de rouge, grosse comme un œuf ou plus, aigrette comme Passe-pomme : mais plus succulente, de couleur un peu vermeille au dedans. Le pommier est moyen, & de menu bois.

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Producteurs

Boire frais.
Particuliers

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Groupes

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Anciennes cidreries

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Fêtes du cidre

Musées

Spécialités culinaires

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Chansons

Bibliographie

Livres
  • Léon Besnou, Considérations théoriques et pratiques sur la fabrication du cidre artificiel
  • Bernard Rio, Le Cidre, éd. Hatier, 1997.
  • Daniel Bordet, Les Affiches du cidre : étiquettes et imagerie populaire, 1999.
  • Michel Hébert, La Belle histoire du cidre et du calvados, éd. Corlet, 2002.
  • Julien Le Paulmier, Le premier traité du sidre. 1589, éd. des Champs, 2003
  • Annie Fettu, Autour des pommes : images souvenir, éd. Orep, 2006.
  • Hippolyte Gancel, De la pomme au cidre (avec Jean-Claude Teignier), éd. Ouest-France, 2007.
Articles
  • François Emanuelli, C. Hubert, « Contribution à l'histoire du pressoir à cidre : I. Une tentative de perfectionnement à la fin du XVIIIe siècle (1770) », Revue d'études normandes, n° 6, avril 1906.
  • Albert Desile, « Le pur-jus d'aujourd'hui », La Manche Libre, 19 mars 1950
  • Dominique Escartin, « Pommes, pommiers et cidre en Normandie », Viridovix, n ° 17, juin 1997

Notes et références

  1. Julien du Paulmier, Traité du vin et du sidre, Caen, 1589 (rééd. Éditions des Champs, Bricqueboscq, 2003), p. 38.
  2. Claude Blanguernon, Gilles de Gouberville, gentilhomme du Cotentin 1522-1578, impr. Bellée, 1969.
  3. Eusèbe Girault Saint-Fargeau, Guide pittoresque du voyageur en France, 1838.
  4. Léon Féret, Histoire du pommier et du cidre, impr. Delos, Caen, 1855.
  5. Adolphe Jeanne, Géographie de la Manche, Hachette, 1884.
  6. Émile Damecour, L'Illustration économique et financière, numéro spécial « La Manche », 1926, p. 10.
  7. « Cidre du Cotentin : l'Europe dit oui à l'AOP », Ouest-France, 27 août 2018.
  8. « Le cidre Cotentin en route vers l'AOP », Inao, site internet, 29 août 2016 (lire en ligne).
  9. « Le cidre du Cotentin devient Appellation d'origine protégée », AFP, 26 juin 2018, 12 h 46.
  10. Julien du Paulmier, op. cit., , p. 51.

Articles connexes