Charlie Chaplin à Cherbourg (1952)

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Charlie Chaplin à Cherbourg.

L'acteur britannique Charlie Chaplin donne à Cherbourg le 22 septembre 1952 une conférence de presse qui a un retentissement international. Il est à bord du paquebot Queen Elizabeth, qui arrive de New York (États-Unis) et va poursuivre sa route vers Southampton (Angleterre). Il vient d'apprendre que, soupçonné de menées activistes, il ne pourra pas revenir aux États-Unis, où il s'est pourtant établi depuis plusieurs années. La conférence de presse a lieu à bord du paquebot de la Cunard Line.

L'exil commence à Cherbourg

La Presse cherbourgeoise, 23 septembre 1952.

Aux États-Unis où il vit, Charlie Chaplin est en butte aux tracasseries que mène le sénateur McCarthy contre les artistes aux idées progressistes. Il décide de s'éloigner de cette agitation en allant en Europe. Son voyage s'effectue à bord du paquebot Queen Elizabeth de la Cunard Line. C'est à Cherbourg qu'il touche le continent, le 22 septembre 1952. L'événement attire la presse internationale [1].

Charlie Chaplin embarque à New York le 18 septembre. Il a alors 63 ans. Il emmène avec lui sa femme, Oona, 27 ans, et leurs quatre enfants : Geraldine, 7 ans, Michael, 6 ans, Josephine, 3 ans, et Victoria, 16 mois. Cinq jours plus tard, le lundi 22 septembre, il est à Cherbourg. Environ 70 journalistes trépignent d'impatience dans la gare maritime [1]. Le paquebot à peine accosté, ils se ruent vers la cabine A 89, que Charlie Chaplin et sa famille occupent [1]. Harry Crocker, secrétaire particulier du réalisateur anglais, les reçoit devant la porte, leur annonçant qu'une conférence de presse aura lieu dans quelques minutes au salon de thé [1]. Charlie Chaplin y paraît, très calme : « J'ai été absolument suffoqué de recevoir trois jours avant mon départ des États-Unis un radiogramme me précisant qu'on refuserait peut-être de me laisser rentrer. » Et de préciser, en réponse aux questions insistantes des journalistes : « Je ne suis pas communiste. Je suis individualiste. Je crois à la liberté, c'est toute ma politique. » [1].

La conférence de presse terminée, Charlie Chaplin fait quelques pas sur le pont du Queen Elizabeth, à la demande des photographes et de la presse cinématographique. Sa petite famille l'accompagne, ainsi que l'actrice Claire Bloom, 21 ans, vedette de son nouveau film Les Feux de la rampe (Limelight) [1].

L'agitation provoquée par la présence de Charlie Chaplin sur le Queen Elizabeth a éclipsé tout le reste. D'autres passagers de marque sont pourtant présents à bord : le roi Fayçal II d'Irak et le prince régent Abd al-Ilah, le pianiste polonais Arthur Rubinstein et le Premier ministre du Luxembourg, Pierre Dupong [1].

Quelques heures plus tard, le Queen Elizabeth appareille pour Southampton. Là encore, Charlie Chaplin doit se soumettre à une nouvelle conférence de presse, elle aussi très pressante. À ce moment, il pense pouvoir encore revenir aux États-Unis. « Le gouvernement américain, confie-t-il, a autorisé mon départ et mon retour. Je crois qu'il tiendra parole. » En réalité, Charlie Chaplin, privé de son visa de retour, sera contraint de s'installer en Suisse avec sa famille, jusqu'à la fin de ses jours.

Biographie

Charlie Chaplin est né à Londres (Grande-Bretagne) le 16 avril 1889 et mort à Vevey (Suisse) le 25 décembre 1977. Il est réalisateur de cinéma, scénariste, producteur compositeur de musique. Il est l'auteur de films, qui sont considérés comme des classiques du cinéma, notamment La Ruée vers l'or (1925), Les Temps modernes (1936), Les Lumières de la ville (1931), Le Dictateur (1940), Monsieur Verdoux (1947), ainsi qu'une abondante production de films muets qui mettent en scène un personnage connu en France sous le nom de « Charlot ». Charlie Chaplin est l'un des plus célèbres acteurs d'Hollywood et l'une des personnes les plus créatives de l'ère du cinéma muet. Il fut et restera le vagabond le plus célèbre de l’histoire du cinéma.

Notes et références

  1. 1,0, 1,1, 1,2, 1,3, 1,4, 1,5 et 1,6 Roland Godefroy, « Il y a 25 ans, l'exil de Charlie Chaplin commençait à Cherbourg », La Presse de la Manche, 27 décembre 1977.

Lien externe