Charles de Condren

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Charles de Condren, né à Vaubuin (Yonne) le 15 décembre 1588, mort à Paris le 7 janvier 1641, est une personnalité catholique dont la famille est originaire de la Manche.

Famille

Les Condren demeurent, dès le XIVe siècle, en Basse-Normandie : vers 1350 un Richard de Condren, écuyer, seigneur du Bois, est établi dans la bourgade de Périers. Ses descendants s'y sont maintenus jusqu'à la Révolution française.

Au XVIe siècle, deux représentants de la famille vont s'établir en Saintonge et dans le Poitou, tandis qu'un autre, Guillaume de Condren, seigneur du Bois du Menou, quitte le Cotentin pour se mettre au service du roi. La cause de son départ réside peut-être dans le fait qu'il est huguenot. Il se convertira par la suite au catholicisme.

Fils de Guillaume de Condren, marié à Marguerite du Haste, fille de Jehan du Haste, écuyer, ancien commissaire ordinaire de l'artillerie du roi, Charles de Condren a un frère, Henri, et trois sœurs : Catherine, Élisabeth et Gabrielle, qui devient carmélite.

Guillaume de Condren devient, à une date inconnue, gouverneur du château royal de Monceaux, près de Meaux. En 1592, il est intendant des réparations et des fortifications de la ville de Caen, et, dès 1593, il est chargé des réparations et des fortifications de toute la Normandie. L'année suivante, il occupe la charge de maître d'hôtel ordinaire du roi à Paris. Et, le 27 décembre 1608, il est nommé de nouveau par la reine Marie de Médicis, capitaine du château de Monceaux et il conserve cette charge jusqu'en 1616. Guillaume de Condren meurt avant 1628.

Henri de Condren, frère puîné de Charles, épouse, en 1630, une demoiselle de Beauvais, dont il aura quatre enfants, trois filles et un garçon, Alexandre, né en 1636 : ce dernier aura deux enfants, dont un fils, Charles de Condren de Suzanne, qui entrera dans la congrégation de l'Oratoire, mais qui n'y restera pas. Les filles d'Henri de Condren sont Madeleine, née en 1631, Marguerite, née en 1633, et Isabelle, née en 1634. Madeleine et Isabelle sont, en 1647, postulantes au couvent des carmélites de Compiègne, et on ne sait ce qu'est devenue la seconde. Henri de Condren meurt en 1636.

Biographie

Charles de Condren fait ses études en 1603-1604, au collège d'Harcourt, collège de la « nation normande » à Paris, puis à la Sorbonne, où il fait sa philosophie sous la direction de Philippe de Gamaches (1568-1625). Une grave maladie oblige le jeune Charles à passer deux ans dans sa famille. Puis, en 1611, on le retrouve comme professeur au collège Duplessis, et en 1613, il est reçu dans la maison et société de Sorbonne, où il devient docteur à Pâques 1615.

Ordonné prêtre depuis le 17 septembre 1614, il offre ses services à son évêque à la fin de 1616, puis le 17 juin 1617, il est admis dans la congrégation de l'Oratoire, à la maison de la rue Saint-Honoré, située non loin du Louvre et dirigée par Pierre de Bérulle.

Charles de Condren passe toute sa vie à l'Oratoire, passant successivement par les maisons de Nevers, de Langres, de Poitiers. En janvier 1624, il ouvre un séminaire dans l'ancienne abbaye de Saint-Magloire, au faubourg Saint-Jacques à Paris et il en devient le premier supérieur. Mais, en octobre 1625, il va résider à la maison de la rue Saint-Honoré, qu'il ne quittera plus. Confesseur de Gaston d'Orléans, frère de Louis XIII, en 1627, il succède le 30 octobre 1629 au supérieur général de l'Oratoire, Pierre de Bérulle, décédé le 2 du même mois. Il le restera jusqu'à sa mort, survenue, rue Saint-Honoré, le 7 janvier 1641, après quelques jours de maladie.

Sources

  • A. Lerosey, Histoire religieuse et civile de Périers et de ses notabilités, Paris, s. d. (vers 1900), p. 20-24.
  • Lettres du Père Charles de Condren (1588-1641), publiées par Paul Auvray et André Jouffrey, Paris, Cerf, 1943.