Château de Gonneville

De Wikimanche

La poterne et la façade principale.
La façade principale.

Le château de Gonneville est une demeure historique de la Manche, située à Gonneville.

Histoire

Le premier château remonte au Xe siècle. Jean sans Terre y séjourne le 12 mars 1194 et le 23 décembre 1203 [1].

Il ne reste rien de ce premier édifice, auquel succède un château féodal que la famille de Courcy élève à partir de 1330 [1]. Le donjon de 17 mètres coiffé d'une poivrière et les deux tours datent de cette époque [1]. Le reste est rasé en 1559 par les nouveaux propriétaires, la famille de Pirou, succédant à six générations de Rohan [1].

« Les avant-corps que l'on trouve en entrant ont été construits en 1641 par les Jallot de Beaumont [2] ». Une poterne défend l'entrée. Le château est entouré de douves en eau.

Le château est confisqué à la famille de Berruyer en octobre 1792. Il est restitué en 1814 à ses propriétaires, de retour d'émigration, ruinés.[1].

En 1842, le château est acheté aux sœurs de Berruyer par une certaine dame Lambert et son fils, pour 100 000 F or [3]. Convaincue qu'un trésor se cache dans sa nouvelle demeure, Aglaë Lambert, née Marmion, commence en 1846 à détruire des parties importantes du château, sans rien trouver [4]. Les dégâts sont considérables : les deux corps de bâtiment qui reliaient le château au donjon et à la grande tourelle sont rasés ; la chapelle Saint-Jean est endommagée et la façade elle-même est « mutilée » [5]. Ruinée, Mme Lambert voit ses biens saisis en 1849 et vendus aux enchères pour 91 100 F [4]. Les acheteurs sont le marquis Médéric de Chivré et son épouse, née Alix Doynel de la Sausserie [4], qui mourront dans le lieu, respectivement en 1881 et en 1907 [6].

Le château est occupé par l'armée allemande pendant la Seconde Guerre mondiale : 400 soldats y logent. Le maréchal Rommel y séjourne en mai 1944.

La cour d'entrée vue du donjon.

Le 8 décembre 1954, le baron Nadal de Montfort, alors directeur adjoint de la Mutualité agricole des Pyrénées-Orientales, et sa femme Régine, achètent le château de Gonneville [7][8]. « J'ai acheté pas cher quelque chose qui ne valait rien », assure-t-il [8]. Le couple habite le château en 1983 [8]. Des travaux de restauration importants y sont entrepris, qui dureront plusieurs décennies. « Pour acheter ce château et l'entretenir, il nous a fallu de l'inconscience, de la persévérance et un peu d'orgueil », confie le baron de Montfort [8].

Il est inscrit au titre des monuments historiques le 27 septembre 1972 : donjon carré et deux tours circulaires (14e), châtelet à pont-levis (14e/16e), logis (18e).

Plusieurs bâtiments sont proposés à la location.

Événements

Le château sert de décor au film de télévision L'Affaire Kergalen, de Laurent Jaoui (2000).

Bibliographie

  • Louis Drouet, « Le château de Gonneville », La Normandie monumentale et pittoresque, édifices publics, églises, châteaux, manoirs, etc... Manche, partie 2, éd. Lemasle & Cie, Le Havre, 1899, p.32 (lire en ligne)
  • Mlle de Chivrey, « Le château de Gonneville », Annuaire des cinq départements normands, Congrès de Cherbourg, 1953, pp. 37-39

Administration

Adresse : 3, rue de l'Église
50330 Gonneville
Tél. 02 33 22 90 92
Visites : en juillet et août, de 10 h à 12 h et de 16 h à 18 h. Gratuit.

Notes et références

  1. 1,0, 1,1, 1,2, 1,3 et 1,4 « Nadal, baron de Montfort, fait visiter son château », La Presse de la Manche, 26 décembre 2012.
  2. La Manche - Découvertes, guide 2010, éd. Manche Tourisme, décembre 2009.
  3. Baron de Montfort, « Le château de Gonneville », Société d'archéologie de la Manche, Mélanges, 14e série, 1985.
  4. 4,0, 4,1 et 4,2 Roland Godefroy, « Le trésor perdu de Gonneville », geneanet.org, 2007.
  5. Louis Drouet, Recherches historiques sur les vingt communes du canton de Saint-Pierre-Église, Impr. Saint-Joseph, Cherbourg, 1893, p. 331-332.
  6. « Médéric de Chivré et Alix Doynel de la Sausserie », site personnel de la famille de Chivré, consulté le 28 janvier 2018 (lire en ligne).
  7. « L'œuvre d'un homme et d'une famille », Château de Gonneville (lire en ligne).
  8. 8,0, 8,1, 8,2 et 8,3 Margot Hairon, « « Nadal de Montfort, une vie au service de son château », Ouest-France, 8 mars 2018 (lire en ligne).

Lien interne

Liens externes