Château d'Avranches

De Wikimanche

La courtine crénelée.
Plan des fortifications d'Avranches
orienté au sud

Le château d'Avranches est une ancienne demeure historique de la Manche située à Avranches au sein de fortifications encore apparentes place d'Estouteville.

Il avait une double ceinture de remparts renforcés par des tours, percée de trois entrées dont deux portes fortifiées:

La première enceinte remontait aux ducs de Normandie, la seconde, à l'intérieur renfermait le donjon, et la tour de l'Arsenal. [1] Il reste aujourd'hui une courtine crénelée, située entre l'ancien donjon et la tour dite du promenoir.

Histoire

On dit que le roi Childéric aurait fait bâtir le premier château en 460 [2], mais aucune preuve ne permet de l'affirmer ni qu'il fut restauré par Charlemagne.[3]

Il est par contre certain que le château est établi sur le site d'une occupation romaine : des travaux effectués en 1815 au pied du donjon ont mis à jour des portions de colonnes typiquement romaines. En 1848, l'ouverture de la rue Neuve d'Office révèle deux autres colonnes, des monnaies romaines et gauloises et, en 1851, des tuiles et de nombreux objets romains sont découverts dans la cour du donjon. La base des contreforts du donjon, le rempart nord, la tour ouest de la porte Baudange et la tour de l'Arsenal contiennent des débris de colonnes, vestiges de constructions romaines. [3]

Le château pendant l'état normand

En 933, le roi Raoul cède l'Avranchin au duc de Normandie, Guillaume Longue-Épée qui le remet à Ansfroi-le-Dane (ou Onfroi-le-Dane). On ne peut affirmer que ce dernier établit sa résidence à Avranches qui reste la propriété des ducs de Normandie. Le duc Richard Ier de Normandie séjourne à Avranches en allant installer des Bénédictins au Mont-Saint-Michel, en 966, mais on ne sait pas où.[3]

C'est Richard II qui installe à Avranches, vers 1015, un comte chargé de défendre le pays. Mais en 1056, Guillaume le Conquérant le remplace par Richard Goz avec le titre de vicomte. Son fils Hugues Goz , dit Le Loup, fait comte de Chester après la conquête de l'Angleterre, lui succède.[3]

Guillaume le Conquérant s'arrête à Avranches lors de ses expéditions vers la Bretagne.[3]

Selon Orderic Vital, Henri Ier Beauclerc possède le château d'Avranches quand il n'est encore que comte du Cotentin. Il le fait fortifier vers 1090 puis en 1118 ou 1119[3].

En 1141, Geoffroy Plantagenêt s'en empare[2].

En 1204, lors du retour du duché normand à l'inféodation française, Philippe Auguste charge le Breton, Guy de Thouars de récupérer l'Avranchin. Il prend la ville et fait raser ses fortifications [2]. Le château résiste mais la ville est incendiée[3].

Château remanié sous Saint Louis

Saint-Louis rachète la vicomté à Robert de Praëres en 1236, il fortifie Avranches par de hautes murailles et y reconstruit le château précédemment endommagé.[3]

Pendant et après la Guerre de Cent-Ans

Avranches passe sous la domination du roi de Navarre au 14e siècle et doit soutenir un siège contre les troupes du roi de France en 1354.[3]

Les Anglais débarqués à Barfleur le 14 avril 1418, font capituler Avranches la même année. Elle reste sous leur autorité jusqu'en 1450 : en mai, après un siège de trois semaines, le duc de Bretagne, à la tête de troupes royales obtient leur capitulation grâce à son artillerie[3].

Sous Louis XI, Avranches ayant pris parti pour la Ligue est attaquée plusieurs fois, jusqu'au triomphe et séjour du roi en 1467. C'est à cette époque que l'on construit le boulevard d'artillerie près de la porte Baudange et la seconde enceinte de fausses braies[3].

Pendant et après les Guerres de Religion

Un traître ouvre aux Protestants, la poterne près de la Cathédrale. Ils occupent la ville et le château.

Avranches ayant refusé de reconnaître Henri IV est attaquée en 1591 par les troupes du duc de Montpensier. Le château et l'enceinte fortifiée sont gravement endommagés[3].

La fin d'une place forte

Au 17e siècle, Avranches n'a plus que des gouverneurs. Les comtes de la famille Carbonnel de Canisy s'y succèdent pendant plus d'un siècle[1].

À partir de 1744, Avranches perd son statut de place forte. Le château est morcelé et vendu à diverses personnes[1].

En 1757, les échevins font combler les fossés à l'est du château et vendent par portions l'emplacement des fausses braies où les acheteurs font des jardins. Il se construit des maisons parfois appuyées sur les murs du donjon[1].

Par manque d'entretien, les toitures du donjon disparaissent et les premières voûtes s'effondrent[1].

En 1810, on construit sur la partie nord du donjon une tourelle carrée pour accueillir le télégraphe sur le ligne de Paris à Brest. Il était auparavant sur les tours de la cathédrale Saint-André qui menaçaient ruine. Cette tourelle est abattue en 1877[1].

Les eaux s'infiltrent dans les murs et la partie sud du donjon s'écroule en 1883[1].

En 1919, la Tourelle de la porte de Ponts s'effondre faute d'entretien[4].

Le donjon disparaît au XIXe siècle lors du percement de la rue de la Belle-Andrine. Seuls les pans de murs subsistent de part et d'autre de la voie[5]. Au sommet d'un mur de courtine crénelé, on découvre un panorama sur Avranches, le Mont-Saint-Michel, la baie et la vallée de la Sée.

Galerie d'images

Bibliographie

  • Hippolyte Sauvage, « Les boulevards et les fortifications d'Avranches », Revue de l'Avranchin, t. X, n°7,1901, p.368 et 376-379
  • Hippolyte Sauvage, « Les fossés et les douves du château d'Avranches en 1385 », Revue de l'Avranchin, t. XXI, n°133-134 , 1924

Notes et références

  1. 1,0 1,1 1,2 1,3 1,4 1,5 et 1,6 Félix Jourdan, « Avranches, ses rues et places, ses monuments, ses maisons principales, ses habitants, leurs profession pendant la Révolution », Revue de l'Avranchin, éd. J. Durand, Avranches, tome XIII, 1906, p. 108-111 et 116-121 (lire sur bnf.gallica.fr)
  2. 2,0 2,1 et 2,2 Girault de Saint-Fargeau, Guide pittoresque du voyageur en France, vol. 5, éd. Firmin Didot Frères, 1838, p. 14.
  3. 3,00 3,01 3,02 3,03 3,04 3,05 3,06 3,07 3,08 3,09 3,10 et 3,11 Monique Levalet, « Les fortifications d'Avranches », Art de Basse-Normandie: Avranches, N° 71 (numéro spécial), imprim. E. Vicq, Flers, été 1977, p. 17-23
  4. David Nicolas-Méry, Avranches, capitale du Mont Saint-Michel, éd. Orep, 2011, p. 77.
  5. « Guide touristique 2016 », Office de tourisme d'Avranches-Mont-Saint-Michel.

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