Carrières de Flamanville

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Les carrières de Flamanville sont un ancien gisement de granite de la Manche, situé à Flamanville.

L'exploitation du granit de Flamanville trouve son origine au 15e siècle lorsque les habitants du cru « entreprennent de picorer leur muraille du bord de mer » pour leur usage personnel : ils en font des encadrements de portes et de fenêtres, des escaliers, des auges... [1].

La demande ne tarde pas à s'étendre et l'exploitation du granit devient commerciale. Au 17e siècle, c'est une véritable petite industrie. « Il y a là, entre 1840 et 1850, une trentaine d'ateliers qui occupent près de trois cents ouvriers, carriers, forgerons, charretiers. » [1].

Interrompue pendant la Révolution, l'exploitation des carrières reprend en 1803 [2].

Le renom du granit de Flamanville grandit sans cesse. On y a recours pour la construction de la rade de Cherbourg et du port militaire. Les pavés de la place de la Concorde à Paris proviennent également de Flamanville, tout comme les pierres du phare de la Hague ou l'aiguille de l'obélisque du duc de Berry à Cherbourg.

Le port de Diélette est tout naturellement utilisé pour acheminer des blocs de plus en plus gros. Des caboteurs viennent les y charger pour les transporter à Cherbourg, Caen, Honfleur et jusqu'à Rouen ou Paris. « Deux cent quatre-vingt deux navires ont fait le voyage pour la seule année 1845. » [2].

Concurrencée par d'autres productions venues de Vire (Calvados) ou de Bretagne, l'exploitation du granit de Flamanville commence à baisser dans le milieu du 19e siècle. L'apparition du ciment signe son arrêt de mort.

Heureusement pour l'économie de la région, l'exploitation du minerai de fer prend le relais quelques années plus tard, vers 1875.

Notes et références

  1. 1,0 et 1,1 Lise Gavet et Stéphane Jiolle, Flamanville - Tranches de vie, éd. Albin Michel, 1996.
  2. 2,0 et 2,1 Claude Pithois, « Le port de Diélette », Vikland, n° 1, automne 1975.

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