Carotte de Créances

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La carotte de Créances est une variété de carottes de la Manche cultivée à Créances.

La culture, qui remonterait au XIIIe siècle[1], est faite dans un sol sablonneux, un mode de production original qui donne à la carotte de Créances un goût particulier, très apprécié des gastronomes.

Depuis 1960, elle bénéficie de l'appellation d'origine contrôlée « Carotte des sables de Créances AOC », et d'un label rouge depuis 1962.

Un syndicat, créé à l'initiative de Victor Letouzey, regroupe la plupart des producteurs [2].

Un mode de production original

La carotte de Créances est cultivée dans les mielles aux sols sablonneux composés d’alluvions. Elle jouit ainsi, tout à la fois, d'un sol léger et fertile, de la douceur marine et du vent du large chargé d'embruns que viennent enrichir les apports du varech servant d’engrais végétal naturel.

Elle pousse « de fin août à octobre, mais ne récolte que de... janvier à mars » [3]. Sa conservation est assurée par un paillage des parcelles permettant de maintenir les racines en terre tout en les protégeant du froid. C'est cette récolte de dernière minute garantissant une fraîcheur et une qualité optimales qui fait qu'elle est dite « sans cœur » parce que sans centre fibreux. Pour les carottes non lavées, la récolte est réalisée manuellement et le conditionnement est effectué au champ.

Toutes ces conditions se réunissent pour produire une carotte richement iodée, d’un orange profond et d'une saveur incomparable. Elle est disponible d’août à avril.

La légende affirme que la culture de la carotte de Créances a été entreprise dans les bancs de sable de la presqu’île cotentinoise par un « cadet de Normandie » qui, faute d’avoir hérité d’aucune terre, tenta, en désespoir de cause, d’utiliser les sables du bassin comme terre et les algues marines comme engrais.

Superficie

La culture de la carotte de Créances couvre une superficie de 1 100 hectares et mobilise 700 producteurs [4]. Selon Alain Jacquet, responsable local de l'Inao, « en 1950, « les cultures s'étendaient sur 6 000 ha. » [3].

Production

En 1982, la carotte constitue 70 % de la production légumière de Créances, « soit 20 000 tonnes par an » [5]. En 2014, les 50 000 tonnes produites à Créances représentent la moitié de la production de la Manche[1].

Cuisine

- « Cuisinée pour elle-même, en potage, sautée, braisée ou même râpée, elle accompagne à merveille l'agneau de pré-salé » [6]. Voir la liste des recettes pour quelques-unes.

Confrérie

Fondée en 1996, la confrérie des « Mouôgeous d'carottes » promeut la consommation du célèbre légume. Elle participe chaque année à Créances à la Fête de la carotte de Créances et intronise de nouveaux chevaliers. Ses membres sont vêtus d'une robe orange et d'un chapeau vert. Ils doivent prêter serment en public « de défendre partout et en tous temps la bonne et brave carotte de Créances » [7].

La fête de la carotte réunit en août 350 exposants et 30 000 visiteurs[1].

Notes et références

  1. 1,0 1,1 et 1,2 « 24e fête de la carotte samedi à Créances », La Presse de la Manche, 7 août 2014
  2. « Les Années 60 en Manche », Ouest-France, hors-série, sd.
  3. 3,0 et 3,1 Périco Légasse, « La carotte de Créances se cache pour mûrir », Marianne, n° 748, 20-26 août 2011, p. 86.
  4. Armand Frémont, Atlas et géographie de la Normandie, éd. Flammarion, 1977.
  5. Palema Curie, « Créances, le pays où la carotte est reine », Normandie Magazine, n° 1, septembre 1982.
  6. Périco Légasse, Marianne, n° 700, 18-24 septembre 2010.
  7. Alain-François Lesacher, La Manche, une aventure humaine, éd. Ouest-France, 2006.

Lien interne