Bréville-sur-Mer

De Wikimanche

Bréville-sur-Mer est une commune du département de la Manche.

Bréville-sur-Mer a reçu le label de "Village Patrimoine du Pays de la Baie".

Commune de Bréville-sur-Mer Coordonnées géographiques de la mairie Logo-Mairie.png
48° 51' 50.45" N, 1° 33' 21.98" W (OSM)
Arrondissement Coutances
Chargement de la carte...
Canton Bréhal
Ancien canton Bréhal
Intercommunalité CC de Granville, terre et mer
Gentilé Brévillais(es)
Population 785 hab. (2015)
Superficie 6,86 km²
Densité 114 hab./km2
Altitude 0 m (mini) - 69 m (maxi)
Code postal 50290
N° INSEE 50081
Maire Annick Andrieux
Communes limitrophes de Bréville-sur-Mer
Mer de la Manche Coudeville-sur-Mer Coudeville-sur-Mer
Mer de la Manche Bréville-sur-Mer Longueville
Donville-les-Bains Donville-les-Bains Longueville

Église de Bréville
Église de Bréville


Géographie

Toponymie

Attestations anciennes

  • Brevilla 1056 [1], 1172 [2].
  • Brehevilla s.d. (12e / 13e s.) [2].
  • ecclesi[a] de Brevilla 1332 [3].
  • Breville 1349 [2].
  • Brevilla 1351/1352 [4].
  • Breville 1612/1636 [5], 1677 [6].
  • Bréville 1713 [7].
  • Breville 1716 [8], 1719 [9], 1753 [10], 1758 [11], 1753/1785 [12].
  • Bréville 1793 [13], 1801 [14], 1804 [15].
  • Breville-sur-Mer 1828 [16].
  • Bréville 1829 [17], 1854 [18], 1903 [19].
  • Bréville-sur-Mer 1957 [20], 1962 [21].
  • Breville 1972 [22].
  • Bréville sur Mer 1978, 1993 [23].

Étymologie

Toponyme médiéval en -ville (élément issu du gallo-roman VILLA « domaine rural »). Le premier élément, probablement un anthroponyme, pose des problèmes d'identification. Les formes anciennes de Bréville-sur-Mer sont similaires à plusieurs attestations de Bréville dans le Calvados, à l'exception de la première qui en est Brivilla en 1108/1133 [24].

  • Auguste Longnon [25] est le premier, apparemment, à évoquer le problème des deux Bréville, qu'il tend à expliquer par un anthroponyme qu'il pense retrouver dans le type Brébeuf, mais qu'il ne précise pas davantage.
  • Albert Dauzat [26] identifie assez curieusement, à première vue, le premier élément des deux toponymes à un nom de personne germanique non attesté °Bladher, par lequel il rend également comte du type Blécourt. Cette explication pèche par le fait qu'il n'existe dans les formes anciennes aucune trace du -r final de ce nom hypothétique, et que l'évolution Ble- > Bre-, quoique possible, semble ici posée de manière totalement gratuite, en tant qu'explication ad hoc. Notons également qu'à cette époque (1964), Dauzat ne connaissait pas la forme Brivilla mentionnée plus haut.
  • Marie-Thérèse Morlet, dans le doute, ne fait figurer aucun des deux Bréville dans son ouvrage sur les noms de personnes contenus dans les noms de lieux [27]. François de Beaurepaire [2] ne se prononce pas non plus, et considère comme incertain le sens du premier élément.
  • Ernest Nègre [28] associe les deux toponymes, et voit dans le premier élément le nom de personne germanique Bero [29], pour lequel il pose implicitement une métathèse Ber- > Bre-. Dans ce cas, Bréville serait un simple variante de la plupart des Berville normands. René Lepelley [30] adopte cette solution, sans aucun commentaire.

La forme Brivilla du toponyme du Calvados est suivie d'attestations de type Brevilla au 12e siècle. Une telle évolution est normale, à condition de poser un [i] bref dans Bri-. En revanche, Brivilla cadre mal avec l'hypothèse Bero : on a du mal à comprendre pourquoi un °Bervilla antérieur (qu'il faut nécessairement supposer si l'on rattache ce nom à Bero) aboutirait dans un premier temps à Brivilla, puis reviendrait à Brevilla. Pour résumer, si l'évolution Bri- > Bre- est possible, le cheminement Ber- > Bri- > Bre- ne semble pas l'être. Deux conclusions sont alors possibles :

  • soit les deux Bréville proviennent d'une forme en Bri- primitive, dont une seule a été notée (ce qui ajouterait une étape hypothétique supplémentaire).
  • soit les deux Bréville sont des toponymes différents.

Dans ce cas, il semble plus prudent de ne se préoccuper que des formes anciennes de Bréville-sur-Mer : Brevilla et Brehevilla, la seconde notant une initiale disyllabique, ou en tout cas une voyelle longue résultant de la chute antérieure d'une consonne intervocalique [31]. Cette lecture est incompatible avec l'hypothèse Bero. Une solution simple consisterait à voir dans Brehe- la forme évoluée de Brete- en tant que métathèse de °Berte-, correspondant au nom de personne germanique Bertho < Berhto [32], soit « le domaine rural de Berhto ». Si l'on reste ici dans le domaine de l'hypothèse (il faut en effet supposer que la forme Brete- apparaît assez tôt pour que le [t] intervocalique puisse s'amuïr), du moins celle-ci a-t-elle l'avantage de cadrer avec les faits.

Le déterminant -sur-Mer, initialement proposé par Louis Du Bois en 1828, n'a été officiellement adopté qu'en 1957.

Histoire

En 1022, Richard II, duc de Normandie, octroya la baronnie de Saint-Pair à l'abbaye du Mont-Saint-Michel. La paroisse de Bréville faisait alors partie de cette vaste concession. On retrouve d'ailleurs, en 1154, le nom de Renaud de Bréville figurant sur la liste des vassaux devant rendre hommage à Robert de Thorigny, abbé du Mont-Saint-Michel.

En 1302, Guillaume de Bréville est en désaccord avec l'abbaye du Mont-Saint-Michel au sujet du droit de patronage (nomination du curé). Son descendant, Jehan de Bréville devient alors "patronus ecclesiae de Brevilla" avec ou sans le soutien de l'évêque de Coutances.

Puis, c'est la guerre de Cent Ans. Jehan de la Mare, en qualité de "seigneur temporel de Bréville", contresigne la copie de la concession sur le sable, la tangue et les marais côtiers aux habitants de Bréville et des paroisses voisines.

Au XVe siècle, les de Bréville semblent disparaître et la seigneurie de Bréville passe entre les mains de Jean de Juvigny, seigneur de Saint-Nicolas-des-Bois (près de Brécey). Ses descendants en possèderont la sieurie pendant plus de 200 ans.

Au XVIIe siècle, Pierre de Juvigny outrepasse ses droits en décidant de s'approprier 10 vergers de mielles et de marais. Mais de temps immémorial, les dunes, landes et marais de la baronnie de Saint-Pair appartiennent aux sieurs abbés du Mont-Saint-Michel. Qui plus est, en 1238, le frère Richard de l'Abbaye avait concédé le pâturage des marais aux riverains à perpétuité. Cette décision déclencha la colère des paysans brévillais amputés de leur droit de pâture pour leurs moutons et bestiaux. Fort heureusement, la justice du Roy, après un long procès, donna raison aux paysans.

En 1785, Jean-Julien Ganne, seigneur de Beaucoudray, achète la seigneurie de Bréville et son manoir qu'il revend aussitôt à Paul-Bernard de Mary de Longueville. En deux ans, les Brévillais connaîtront trois seigneurs successifs... pour bientôt n'en reconnaître aucun.

Tous ces seigneurs possédaient comme demeure le Manoir de Bréville, situé à proximité du Château du Vau Tertreux, sur les hauteurs de Bréville et dominant la mer.

Démographie

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793.
À partir du 21e siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[33]. En 2015, la commune comptait 785 habitants.

           Évolution de la population depuis 1793  [modifier] (Sources : Cassini [34] et INSEE [35])
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851 1856
422 385 434 436 390 449 446 467 440 413
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906
415 418 402 411 369 369 360 362 343 340
1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975
337 276 303 310 302 289 340 285 332 480
1982 1990 1999 2004 2006 2007 2008 2009 2010 2011
570 530 611 766 812 809 806 803 819 809
2012 2013 2014 2015 2017 2018 2019 2020 2021 2022
802 795 788 785
Notes : De 1962 à 1999 : Population sans doubles comptes. Depuis 2006 : Population municipale.
Sources :
Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[36] puis INSEE à partir de 2004.



Administration

Circonscriptions administratives avant la Révolution

Circonscriptions administratives depuis la Révolution

Les maires

Liste des maires
Période Identité Parti Qualité Observations
1790-....... Julien Follain curé (1791)
.......-....... .......
.......-....... Gaud-François Lemarié de Prélambert (1794)
1795-1798 Fraçois Lacourt
1798-1800 Pierre Costard
1800-1804 Gaud-François Lemarié de Preylambert
1804-1805 Nicolas Saillard
1805-1815 Gaud-Gilles Hugon
1816-1817 Pierre Martin Louis Martin de Rainfray
1817-1828 Pierre Martin Louis Martin de Bouillon
1828-1835 Félix Marie Gaud Eudes de La Cocardière
1835-1846 Adrien-Gustave du Mesnil-Adelée
1847-1848 Jacques F. Sauvage
1848-1857 Adrien-Gustave du Mesnil-Adelée
1857-1884 Émile-Jean Lecoupé décédé en exercice le 18 avril 1884
1884-1887 Marie Louvet
1888-1896 Alphonse Lebrun
1896-1904 Georges Le Mare magistrat conseiller général de Gavray (1901-1904),
député de 1894 à 1898 et de 1902 à 1904
1904-1908 Adolphe Lenoir
1909-1932 Albéric Lebrec
1932-1935 Marcel-Édouard Peyre
1936-1944 Emmanuel Levavasseur
1945-1946 Louis Coippel
1946-1963 Émile Richard
1963-1969 André Lecoq
1969-1975 Émilien Épain
1975-1989 Bernard Hérard
1989-2001 Claude Giacco
2001-2008 Monique Regnault
2008-2017 Rémy Levavasseur agriculteur en retraite réélu en 2014 , décédé en exercice
2017-actuel Annick Andrieux élue maire le 16 juin 2017
Sources : État civil de 1790 à 1892 - De 1892 à 1964 : 601 communes et lieux de vie de la Manche.
Toutes les données ne sont pas encore connues.


Mairie

Horaires d'ouverture
Jours Matin Après-midi Coordonnées de la mairie (Pour signaler une erreur cliquez ici)
Lundi - -
La mairie (2014).

La mairie (2014).

Adresse : 17 Avenue de Jersey
50290 Bréville-sur-Mer

Tél. 02 33 50 21 15
Fax : 02 33 50 12 39

Courriel : Contacter la mairie

Site internet : Officiel

Commentaire :

Source : Site web de la commune (28 avril 2012)

Mardi 9 h - 12 h 13 h 30 - 17 h 30
Mercredi 9 h - 13 h -
Jeudi 9 h - 12 h 13 h 30 - 17 h 30
Vendredi 9 h - 12 h 13 h 30 - 17 h 30
Samedi 10 h - 12 h (sauf vacances scolaires) -



Religion

Circonscriptions ecclésiastiques avant la Révolution

Patronage

  • Dédicace de l'église paroissiale : Notre-Dame.
  • Patron (présentation) : patron laïc, le seigneur du lieu; Jean de Bréville en 1332.
  • Fête patronale : ?

Circonscriptions ecclésiastiques actuelles

Hameaux et lieux-dits

Le hameau des Delles, situé sur la hauteur, au nord-est de l'église, tire son nom de l'ancien appellatif toponymique normand delle, issu de l'ancien norois del « pièce de terre distribuée », que l'on retrouve dans les trois langues scandinaves modernes.

Lieux et monuments

Un circuit « Village Patrimoine » propose de relier des points de vue remarquables, entre légendes, grandes demeures et histoire des armateurs granvillais.

Personnalités liées à la commune

Naissance

Décès

Économie

  • Granvilmer (coopérative de pêche) : elle transforme et congèle entre 3 000 et 5 000 tonnes de coquillages par an et compte 30 salariés. L'exportation de chairs de bulots transformées en sashimis est en forte augmentation.
  • GAEC Entre Terre et Mer (ferme biologique)
  • Aéroport de Granville-Bréville-sur-Mer

Évènement

  • Le Groupement régional d'agriculture biologique (GRAB) organise à Bréville-sur-Mer la Fête de la bio les 12 et 13 juin 2010. Elle attire 12 000 personnes.

Transports

Lignes Manéo
  • Ligne 54 : Ligne estivale du Coutançais au Granvillais par la côte (juillet-août).

Sports

Annexes

Notes et références

  1. Jean Adigard des Gautries, « Les noms de lieux de la Manche attestés entre 911 et 1066 », in Annales de Normandie I (1951), p. 9-44.
  2. 2,0, 2,1, 2,2 et 2,3 François de Beaurepaire, Les noms de communes et anciennes paroisses de la Manche, Picard, Paris, 1986, p. 87.
  3. Pouillé du Diocèse de Coutances, 1332, in Auguste Longnon, Pouillés de la Province de Rouen, Recueil des Historiens de France, Paris, 1903, p. 286D.
  4. Compte du Diocèse de Coutances, pour l’année 1351 ou 1352, in Auguste Longnon, op. cit., p. 368B.
  5. Jean Bigot sieur de Sommesnil, État des paroisses des élections de Normandie, 1612/1636 [BN, ms. fr. 4620].
  6. Roles par généralités et élections des paroisses de France et de leur imposition aux tailles, 1677 [BN, cinq cents Colbert, ms. 261 f° 229 à 275].
  7. Dénombrement des généralités de 1713 [BN, ms. fr. 11385, f° 1 à 132].
  8. Guillaume de l'Isle, Carte de Normandie, Paris, 1716.
  9. Bernard Jaillot, Le Gouvernement général de Normandie divisée en ses trois généralitez, Paris, 1719.
  10. Herman van Loon, D2.me [= Deuxième] carte particuliere des costes de Normandie contenant les costes du Cotentin depuis la Pointe de la Percée Jusqu'a Granville ou sont Comprises les Isles de Jersey, Grenezey, Cers, et Aurigny, avec les Isles de Brehat. Comme elles paroissent a basse Mer dans les grandes marées, Atlas Van Keulen, Amsterdam, 1753 [BN]
  11. G. Robert de Vaugondy, Carte du gouvernement de Normandie, Paris, 1758.
  12. Carte de Cassini.
  13. Site Cassini.
  14. Bulletin des lois de la République française, Imprimerie Nationale, Paris.
  15. Dictionnaire universel, géographique, statistique, historique et politique de la France, impr. Baudouin, libr. Laporte, vol. I (A-CNO), an XIII (1804), p. 459a.
  16. Louis Du Bois, Itinéraire descriptif, historique et monumental des cinq départements de la Normandie, Mancel, Caen, 1828, p. 406.
  17. Annuaire de la Manche (1829), Statistique de l'arrondissement de Coutances, p. 135.
  18. V. Lavasseur, Atlas National Illustré des 86 départements et des possessions de la France, A. Combette éditeur, Paris, 1854.
  19. Auguste Longnon, Pouillés de la Province de Rouen, Recueil des Historiens de France, Paris, 1903.
  20. Site Cassini.
  21. Atlas de Normandie, Caen, 1962.
  22. Anne Vallez, Pierre Gouhier, Jean-Marie Vallez, Atlas Historique de Normandie II (économie, institutions, comportements), Université de Caen, Caen, 1972.
  23. Annuaire officiel des abonnés au téléphone.
  24. Jean Adigard des Gautries & Fernand Lechanteur, « Les noms de communes de Normandie », in Annales de Normandie XIV (1964).
  25. Auguste Longnon, Les noms de lieux de la France, Paris, 1920-1929; rééd. Champion, Paris, 1979, t. I, p. 283, § 1177.
  26. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Larousse, Paris, 1963, p. 115a.
  27. Marie-Thérèse Morlet, Les noms de personnes sur le territoire de l’ancienne Gaule du VIe au XIIe siècle, Paris, CNRS, t. III (les noms de personnes contenus dans les noms de lieux), 1985.
  28. Ernest Nègre, Toponymie Générale de la France, Droz, Genève, t. II, 1991, p. 930, § 16597 et 16598.
  29. Hypocoristique des noms germaniques dont le premier élément est ber- « ours ».
  30. Dictionnaire étymologique des noms de communes de Normandie, Caen, Presses Universitaires de Caen / Condé-sur-Noireau, Éditions Charles Corlet, 1993, p. 79a.
  31. On notera la similarité de ces formes avec celles de Brécourt dans l'Eure : Breencort 12e s., Breecort ~1210; cf. François de Beaurepaire, Les noms de communes et anciennes paroisses de l’Eure, Picard, Paris, 1981, p. 77. L'auteur n'avance pas davantage d'explication pour ce dernier nom.
  32. Hypocoristique des noms dont le premier élément est Berht- « brillant ».
  33. Au début du 21e siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  34. Population avant le recensement de 1962.
  35. INSEE : Population depuis le recensement de 1962.
  36. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.

Lien externe