Baudre

Baudre est une commune du département de la Manche.

Blason Baudre.svg Blason de la commune de Baudre Coordonnées : 49° 05′ 22.1″ N / 1° 04′ 22.6″ W
Arrondissement Saint-Lô
Canton Saint-Lô-Est
Intercommunalité Saint-Lô Agglomération
Gentilé Baudrions(es)
Population (2009) 538 hab.
Superficie 3,81 km²
Densité 141 hab./km2
Altitude 14 m (mini) - 93 m (maxi)
Code postal 50000
N° INSEE 50034
Maire Daniel Joret
Communes limitrophes de Baudre
Saint-Lô Saint-Lô Saint-Lô
Gourfaleur Baudre Condé-sur-Vire
La Mancellière-sur-Vire Sainte-Suzanne-sur-Vire Sainte-Suzanne-sur-Vire

Pont de Gourfaleur, sur la Vire, séparant Baudre de Gourfaleur et Saint-Lô.
Pont de Gourfaleur, sur la Vire, séparant Baudre de Gourfaleur et Saint-Lô.


[modifier] Toponymie

[modifier] Attestations anciennes

  • Baldra 1056 [1].
  • super Baldram s.d. (12e s. ?) [2].
  • ecclesi[a] Sancti Audoeni de Baudra 1332 [3].
  • Sanctus Audoenus 1351/1352 [4].
  • St. Ouen de Baudre 1612/1636 [5].
  • St Oüen de Baudre 1677 [6].
  • St Oüen de Baude 1713 [7].
  • St Ouen de Baudre 1753/1785 [8].
  • Baudre 1793 [9].
  • Saint-Ouen-de-Baudre 1801 [10].
  • Baudre-St Ouen 1854 [11].
  • Baudre 1903 [12], 1962 [13], 1972 [14], 1978, 1993 [15].

[modifier] Étymologie

Toponyme d'origine incertaine et discutée, et qui de ce point de vue possède de nombreuses analogies avec Baupte.

Le premier spécialiste a avoir formulé une hypothèse au sujet de ce nom est Albert Dauzat [16], qui le rattache à « une racine pré-latine baudr-, boue », et en fait un synonyme de Baudres dans l'Indre. Il explique par cette même racine les dérivés Baudreix (Pyrénées-Atlantiques) et Baudrières (Saône-et-Loire). Cette interprétation est reprise du bout des lèvres par François de Beaurepaire [2], et à son tour par René Lepelley [17], qui se contente de modifier baudr- en baldr, sans doute sur la foi des graphies des premières attestations.

Force est de constater que cette « racine baudr- », qui serait plutôt un radical, n'est corroborée que par les quatre toponymes cités par Dauzat pour poser l'existence un tel élément. Cette hypothèse postule implicitement un dérivé du gaulois °baua « boue » [18], dont l'élargissement supposé en -dr- se révèle d'origine incertaine (ce qui explique sans doute pourquoi Dauzat a préféré le terme plus large de « pré-latin » à l'appellation « celtique » ou « gauloise » pure et simple). Cette hypothèse se heurte en outre au problème des premières graphies en baldr- (et non baudr-), où il faudrait alors voir une graphie analogique de mots comporant un [l] vocalisé devant consonne, mais toujours noté l (ainsi, l'ancien français chalde prononcé chaude, avec une diphtongue [au]). C'est probablement la raison pour laquelle Lepelley a modifié la « racine baudr- » en « racine baldr », supprimant du même coup (mais sans le dire) l'appui étymologique du gaulois °baua. L'explication par baudr-, meilleure que celle par baldr (qui ne repose plus sur rien), se révèle donc néanmoins assez fragile.

C'est à Ernest Nègre que revient le mérite d'avoir formulé une autre hypothèse, plausible phonétiquement, et rendant mieux compte de la graphie Baldra [19]. Il s'agirait d'une formation adjectivale gallo-romane en -A dérivée du nom de personne d'origine germanique Baldhari, attesté en Gaule sous les formes évoluées et latinisées Baldierus, Baltherus, etc. [20], d'où le type toponymique gallo-roman °BÁLDERA [21] « (la terre / villa …) de Baldhari » [22]. Sans être assurée, cette hypothèse rend un peu mieux compte des faits, et a l'avantage de relier le nom de Baudre à celui de Baudreville, attesté plusieurs fois en France, dont une dans la Manche.

On notera par ailleurs que ce lieu s'est longtemps appelé Saint-Ouen ou Saint-Ouen-de-Baudre, d'après la dédicace de l'église paroissiale. La forme courte Baudre, que l'on rencontre primitivement aux 11e et 12e siècles, ne fait sa réapparition que sous la révolution, et s'impose au cours du 19e siècle.

[modifier] Géographie

[modifier] Histoire

Alors qu'elle se nomme encore Saint-Ouen-de-Baudre, elle fusionne avec Fumichon en 1793. En 1801, elle adopte le nom de Baudre.

Baudre a abrité les services de la préfecture de la Manche du 19 juin 1944 au 30 juin 1944.

La commune a été libérée par les Américains le 22 juillet 1944.

[modifier] Démographie

Évolution démographique depuis 1793 (Sources : Cassini[23] et INSEE[24])
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851 1856
377 368 415 364 374 397 363 360 370 326
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906
308 270 282 291 282 282 260 234 223 228
1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975
232 213 224 234 254 256 212 212 247 295
1982 1990 1999 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012
371 365 356 460 475 501 538
De 1962 à 1999 : Population sans doubles comptes. Depuis 2006 : Population municipale.
Notice communale de Baudre sur le site Cassini



[modifier] Administration

[modifier] Circonscriptions administratives avant la Révolution

[modifier] Circonscriptions administratives depuis la Révolution

[modifier] Les maires

La mairie.
Liste des maires
Période Identité Qualité
1789 - 1791 Jean Tréfeu
1791 - 1811 Jean Lemonnier
1811 - 1815 Étienne Exupère Hüe
1815 - 1822 Jacques Léonor Kadot
1822 - 1862 Jean-Michel Tréfeu
1862 - 1892 Isidore Nouet
1892 - 1905 Victor Demortreux
1905 - 1911 Alfred Nouet
1911 - 1919 Émile Nouet
1920 - 1927 Désiré Genest
1927 - 1935 Désiré Leguédois
1935 - 1946 Gustave Blouet
1946 - 1958 Roger Nouet
1958 - 1987 Gustave Blouet fils
1987 - 1989 André Tabard
1989 - 2001 Marc Véron
2001 - ....... Daniel Joret
À compléter

[modifier] Religion

[modifier] Circonscriptions ecclésiastiques avant la Révolution

[modifier] Patronage

  • Dédicace de l'église paroissiale : Saint-Ouen.
  • Patron (présentation) : l'abbé de Saint-Lô.
  • Fête patronale : ?

[modifier] Lieux et monuments

L'église Saint-Ouen.
  • Église Saint-Ouen (13e/14e/18e/19e) : chœur (15e) : retable provenant de l'église Saint-Thomas-de-Saint-Lô.
  • Château (remanié) : traces de douves, cheminée peinte (17e).
  • Rives de la Vire à son confluent avec le Fumichon.
  • Ancien moulin à eau.
  • Le Hamel : cheminées de 1543 et 1550.

[modifier] Personnalités liées à la commune

  • Jeanne de Baudre

[modifier] Culture

[modifier] Notes et références

  1. Jean Adigard des Gautries & Fernand Lechanteur, “Les noms de communes de Normandie”, in Annales de Normandie XII (octobre 1962), § 206.
  2. 2,0 et 2,1 François de Beaurepaire, Les noms de communes et anciennes paroisses de la Manche, Picard, Paris, 1986, p. .
  3. Pouillé du Diocèse de Coutances, 1332, in Auguste Longnon, Pouillés de la Province de Rouen, Recueil des Historiens de France, Paris, 1903, p. 354A.
  4. Compte du Diocèse de Coutances, pour l’année 1351 ou 1352, in Auguste Longnon, op. cit., p. 369C.
  5. Jean Bigot sieur de Sommesnil, État des paroisses des élections de Normandie, 1612/1636 [BN, ms. fr. 4620]
  6. Roles par généralités et élections des paroisses de France et de leur imposition aux tailles, 1677 [BN, cinq cents Colbert, ms. 261 f° 229 à 275].
  7. Dénombrement des généralités de 1713 [BN, ms. fr. 11385, f° 1 à 132].
  8. Carte de Cassini.
  9. Site Cassini.
  10. Bulletin des lois de la République française, Imprimerie Nationale, Paris.
  11. V. Lavasseur, Atlas National Illustré des 86 départements et des possessions de la France, A. Combette éditeur, Paris, 1854.
  12. Auguste Longnon, Pouillés de la Province de Rouen, Recueil des Historiens de France, Paris, 1903.
  13. Atlas de Normandie, Caen, 1962.
  14. Anne Vallez, Pierre Gouhier, Jean-Marie Vallez, Atlas Historique de Normandie II (économie, institutions, comportements), Université de Caen, Caen, 1972.
  15. Annuaire officiel des abonnés au téléphone.
  16. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Larousse, Paris, 1963 (rééd. Guénégaud, avec supplément de Marie-Thérèse Morlet, s.d.), p. 59a.
  17. René Lepelley, Dictionnaire étymologique des noms de communes de Normandie, Caen, Presses Universitaires de Caen / Condé-sur-Noireau, Éditions Charles Corlet, 1993, p. 60a.
  18. Ce mot est l'étymon gaulois reconstitué du français boue; il procède du celtique commun °bowā (cf. gallois baw « boue, saleté »), reposant lui-même sur la racine indo-européenne °gwou- « saleté, excrément ».
  19. Ernest Nègre, Toponymie Générale de la France, Droz, Genève, t. II, 1991, p. 870, § 15282.
  20. Cf. Marie-Thérèse Morlet, les Noms de personnes sur le territoire de l’ancienne Gaule du VIe au XIIe siècle, Paris, CNRS, t. I (les noms issus du germanique continental et les créations gallo-germaniques),1968, p. 50a.
  21. Nécessairement accentuée sur la première syllabe dans cette hypothèse, pour expliquer l'évolution en °BÁLDRA après la chute régulière de la posttonique.
  22. Quelle que soit la valeur de cette hypothèse, le nom de personne germanique de type francique Baldhari résulte de la combinaison des éléments bald- « hardi » et -hari « armée ».
  23. Population avant le recensement de 1962
  24. INSEE : Population depuis le recensement de 1962
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