Batterie d’Azeville

De Wikimanche

La batterie d’Azeville est un monument de la Manche, situé à Azeville. C'est l’une des premières constructions du Mur de l'Atlantique en France.

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Histoire

Casemate dont le camouflage en maison d'habitation a été restauré en fonction des photos d'époque.

La batterie allemande d’Azeville est édifiée à partir de 1941. Son implantation marque le début de la présence des Allemands sur le littoral manchois.

Le commandant Treiber et le capitaine Kattnig y commandent 170 hommes, à partir de décembre 1941. La majorité d’entre eux bivouaquent près de la batterie tandis que les officiers sont logés au village (115 habitants) dans des fermes et des maisons réquisitionnées.

Pourvue de quatre puissantes casemates équipées de canons français de 105 mm « Schneider » datant de la Première Guerre mondiale, la batterie d'Azeville couvre le littoral de la Manche depuis l’intérieur des terres. Azeville, Crisbecq (Saint-Marcouf) et Varreville sont les batteries allemandes chargées de défendre la côte est du département de Saint-Vaast-la-Hougue à la baie des Veys.

Dès la nuit du 5 au 6 juin 1944, la batterie d’Azeville est prise à partie par un groupe de parachutistes américains tombés là par erreur. Puis, très tôt le matin, elle entre en action contre les premières vagues de troupes débarquées sur la plage d'Utah, à 10 km ; ses quatre canons ayant une portée de 12 km[1]. Elle retarde alors considérablement les forces alliées qui finissent par la contourner.

Finalement, la batterie est conquise au lance-flammes le 9 juin 1944[2] à 14 h 30[1], après d’intenses combats et de nombreux rebondissements : tirs sur la batterie voisine de Crisbecq afin d’en dégager les soldats américains prêts à en prendre le contrôle, trois assauts et de nombreuses escarmouches, bombardement dans la nuit du 8 au 9 par le cuirassé USS Nevada dont l'un des obus de 356 mm traverse une casemate de part en part sans exploser en laissant pour toujours les empreintes de sa trajectoire.

Sous l'impulsion de Rolande Brécy et Pierre Aguiton, le Conseil général de la Manche rachète le site en 1994 pour 80 000 francs[3], afin d'en assurer la conservation, la gestion et l’animation dans le cadre du réseau départemental des sites et musées de la Manche[1].

Visite

L'une des quatre casemates abritant un canon de 105. À noter la modification destinée à élargir l'angle de tir vers la droite.

Cette forteresse est aujourd’hui un musée qui permet de pénétrer dans 350 mètres de souterrains à la découverte de l’architecture des blockhaus. Un film exclusif retrace la construction du Mur de l'Atlantique et présente les relations entre les troupes d’occupations allemandes et les habitants à travers des témoignages d’Azevillais.

La visite guidée tente de donner une vision concrète de ce que pouvait être la vie quotidienne de 170 hommes dans cet environnement de béton armé, grâce notamment au journal tenu par le commandant Treiber[1] :

  • L’emplacement de la baraque où les soldats pouvaient se distraire le soir et boire un verre autour de deux pianos.
  • Les 350 mètres de souterrains qui reliaient les différentes casemates.
  • Les soutes à munitions protégées par deux mètres de béton et des mesures de sécurité très strictes.
  • Les réserves d’eau potable.
  • Les abris pouvant accueillir 10 à 12 lits pliables, un périscope et des téléphones. La ventilation et les douches toutes proches devaient limiter les effets d’une attaque au gaz.
  • La première plate-forme de tir antiaérien, déplacée au début de 1942 sur l’une des batteries une fois achevée.
  • La casemate n° 1, avec son poste de tir, son compartiment à munitions et une pièce où vivres et autres nécessaires de survie permettaient de résister à un siège.

Une des quatre casemates bénéficie de la reconstitution la plus exacte possible des peintures de camouflage en trompe-l’œil réalisées par les Allemands pendant l'Occupation. Elle a été effectuée à partir des différentes photographies prises juste après guerre et des peintures d'origine qui restent sur les murs abrités de la casemate.

La batterie d'Azeville se découvre en totale autonomie grâce à un parcours audioguidé en six langues différentes.

Les visites ont lieu d'avril à octobre, de 14 h à 18 h, en mai et septembre de 11 h à 18h, en juin, juillet, août, de 10 h à 18 h.

Tarifs : 5 € et 2 € de 7 à 18 ans (tarifs 2015)

Fréquentation

En 2014, le site reçoit 30 000 visiteurs[1].

Administration

Adresse : La Rue
50310 Azeville
Tél. 02 33 40 63 05
Courriel : musee.azeville@manche.fr

Bibliographie

  • Helmut Konrad Von Keusgen, Les Canons de Saint-Marcouf : Les batteries d'Azeville et Crisbecq face à Utah Beach, Bayeux, éd. Heimdal, 2006.
  • Valentin Schneider, La Batterie d'Azeville - Une garnison allemande en Normandie (1942-1944), Bayeux, éd. OREP, 2014.

Notes et références

  1. 1,0 1,1 1,2 1,3 et 1,4 Jean-Christophe Lalay, « La batterie d'Azeville montre la guerre côté allemand », Ouest-France, 9-10 mai 2015.
  2. Jean Quellien, La Normandie au cœur de la guerre, éd. Ouest-France-Mémorial de Caen, 1992, p. 130.
  3. « Les batteries d'Azeville mêlent grande et petite histoire », La Presse de la Manche, 10 juin 2014.

Lien interne