Augustin Asselin

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Jean Augustin Asselin, né à Cherbourg le 1e janvier 1756 et mort dans la même commune le 9 novembre 1845 [1], est une personnalité politique de la Manche.

Biographie

Né à Cherbourg, il étudie à Valognes, puis apprend la philosophie à Caen. Vers 1778, il suit le désir paternel en entrant dans les ordres.

Ordonné prêtre dans la capitale, il occupe le plus clair de son temps rechercher des objets d’art, des médailles et des livres anciens. Chapelain de la chapelle Saint-Louis, dans la paroisse Saint-Eustache de Paris, il est électeur du clergé de Paris en 1789 et épouse avec enthousiasme les idées nouvelles.

Il jette sa soutane aux orties le 5 juin 1791 et devient, à la faveur de la démission du conseil municipal de son frère, François-Justin Asselin du Vey, officier municipal le 13 novembre 1791, puis maire de Cherbourg en 1792. À ce poste, il parvient à préserver sa ville des trop grands excès révolutionnaires, protégeant ainsi un rescapé des massacres de Septembre. Sa modération le rend vite suspect aux yeux des plus ardents révolutionnaires qui le destituent et l’emprisonnent en 1794.

Il est nommé administrateur du département de la Manche en 1795. Il s'investit particulièrement dans l'ouverture de l'École centrale d'Avranches. Il s’emploie à faire restituer aux enfants des émigrés une partie de leurs biens familiaux.

À partir du 24 janvier 1798, il siège au Conseil des Cinq-Cents. Il quitte l'assemblée suite au coup d'État du 18 brumaire, et est nommé sous-préfet de Vire (Calvados). Là aussi, il y présente un caractère modéré et recherche la conciliation. Cette circonscription le choisit comme représentant au Corps législatif en 1804, mais son élection n'est pas validée par le Sénat conservateur. Avant de quitter la sous-préfecture du Calvados, il publie en 1811 les Vaux de Vire, d'Olivier Basselin, enfant du pays, offrant une relative sortie de l'oubli des écrits du poète virois du XVe siècle.

Il revient à Cherbourg comme premier sous-préfet de la circonscription nouvelle, le 18 septembre 1811 et est élu en 1815 à la chambre des Cent-Jours puis quitte la vie politique au retour de la monarchie.

Érudit, s'intéressant particulièrement à l'histoire de sa ville et l'archéologie, il est membre de la Société nationale académique de Cherbourg à partir de 1807, et la dirige un temps. Il produit des mémoires sur l’Antiquité du port de Cherbourg dans le Moyen Âge, les Monuments de Querqueville et de Quinéville, sur l'Origine du nom de Cherbourg...

À sa mort, il lègue sa bibliothèque à la ville, soit un fonds de 2 963 documents dont des incunables, et le manuscrit du IXe siècle De bello iudaico, de Flavius Josephe, qui reste le plus vieux document de la bibliothèque municipale.

À sa mort, les journaux locaux lui rendent hommage. Le Phare de la Manche en fait un des Cherbourgeois « les plus distingués » [2], soulignant qu'il possède « cette énergie courageuse qui ne vient pas de la tête, mais du cœur » [2].

Publications

  • ″Comes juventutis″, ou Recueil de pensées morales en vers et en prose, extraites de divers auteurs, à l'usage des jeunes gens, Vire : Adam, 1807
  • Marc-Antoine Muret, Les Distiques (traduction), 1809
  • Détails historiques sur l'ancien port de Cherbourg, pour servir de réponse à un Mémoire de M. de Gerville, ayant pour titre : "Recherches sur l'état des ports de Cherbourg et de Barfleur pendant le moyen âge", Cherbourg : Boulanger fils, 1826
  • Notice sur la découverte des restes d'une habitation romaine dans la Mielle de Cherbourg et sur d'autres antiquités trouvées de nos jours dans les arrondissements de Valognes et de Cherbourg, Cherbourg : impr. de Boulanger, 1830
  • Biographie de l'abbé de Tourlaville, Saint-Lô : Impr. J. Élie, 1831
  • Mémoire sur un temple gaulois à Kerkeville, arrondissement de Cherbourg, Cherbourg : Impr. de Boulanger, 1833
  • Biographie de M. Vor Avoine de Chantereyne, conseiller à la Cour de cassation, lue à la séance publique de la Société académique de Cherbourg, du 18 décembre 1834, Cherbourg : impr. de Boulanger, Beaufort et Cie, 1834
  • Rapport du sous-préfet de Cherbourg,... de ce qui s'est passé dans cette ville depuis le 11 avril jusqu'au départ de S. Altesse Royale Monseigneur le duc de Berri, fils de France, qui a eu lieu le 14 du même mois, Cherbourg : impr. de Boulanger (s.d.)

Plusieurs de ses écrits ont été publiés dans les mémoires de la Société nationale académique de Cherbourg, celles de la Société des antiquaires de Normandie et dans les Annales du département de la Manche.

Hommage

À Cherbourg, la rue Asselin perpétue son souvenir.

Notes et références

  1. Acte de décès n° 799 - État civil de Cherbourg
  2. 2,0 et 2,1 Le Phare de la Phare - Gazette de Cherbourg, 13 novembre 1845, cité par Jean-Pierre Cayé, « Augustin Asselin, premier sous-préfet de l'arrondissement en 1811 », Ouest-France, 20 février 1971.

Sources

  • Dictionnaire des parlementaires, Paris, 1890
  • Édouard Frère, Manuel du bibliographe normand, ou Dictionnaire bibliographique et historique, Rouen, A. Le Brument, 1858
  • A. E. Delachapelle, « Notice sur M. Asselin », Mémoires de la Société royale académique de Cherbourg, 1847
  • Catalogue Opale, Bibliothèque nationale de France
  • Dictionnaire des personnages remarquables de la Manche, tome 1, Jean-François Hamel, sous la direction de René Gautier, éditions Eurocibles, Marigny, ISBN : 2-914 541 9 0

Liens externes