Arsène Paris

De Wikimanche

Arsène Paris, né à Saint-Georges-Montcocq en 1906, est un résistant de la Manche.

Arsène Paris est cultivateur à Saint-Michel-de-Montjoie. Déjà, à titre individuel, il mène une active propagande anti-allemande et profite de sa position de conseiller municipal pour s’opposer aux prélèvements de marchandises, exigés par l’armée d’occupation. Ainsi, il obtient des aménagements pour une réquisition de chevaux, après avoir adressé une pétition au préfet. Ses actions sont bien perçues parmi la population rurale et encouragent une attitude de refus de la soumission.

André Defrance prend contact avec lui au nom du Front national, en décembre 1941. Arsène Paris donne immédiatement son adhésion à ce mouvement de Résistance. D’emblée, il accepte d’héberger et de nourrir les militants illégaux chargés d’organiser le combat clandestin, il pourvoira d’ailleurs jusqu’à la fin de l’occupation au ravitaillement des patriotes traqués.

Il entrepose chez lui deux machines à écrire et une machine à polycopier qu’André Defrance est allé récupérer au moulin de Gonneville et qui avaient échappé aux perquisitions menées lors de l’arrestation de Juliette Defrance. Ce matériel d'imprimerie va être, dès lors, régulièrement utilisé. Il stocke de la cheddite, provenant des carrières du mortainais, transportée ensuite à Cherbourg par Jules Mesnil (le frère d’Achille Mesnil), elle est destinée aux actions de sabotage du groupe FTP « Valmy ». En outre Arsène Paris établit constamment de fausses cartes d'identité. Sa fille Renée et son futur gendre, Roger Palaric assurent les liaisons avec différents groupes dans le secteur de Saint-Michel-de-Montjoie et diffusent journaux, tracts et autres écrits clandestins.

Grâce aux efforts de propagande anti-nazie, ici et là, la Résistance se fait connaître jusqu’au fond des campagnes. Les effectifs progressent, Arsène Paris rassemble et organise des partisans au sein d’un comité Front national, en liaison avec les frères Hilliou. Parallèlement la répression s’intensifie. Il change de domicile et s’installe à Saint-Laurent-de-Cuves, emmenant avec lui le matériel d’imprimerie.

Nommé chef d’un groupe de FTP en octobre 1942, il participe à différentes actions de sabotage.

L'activité d'Arsène Paris se poursuit au-delà du Débarquement. Il est arrêté le 27 juillet 1944 avec d’autres membres de sa famille, après avoir hébergé deux Ukrainiens déserteurs et des résistants. Il est relâché deux jours plus tard mais sa fille Renée sera déportée à Schkopau (Saxe) et son beau-frère, Joseph Hilliou, fusillé.

Sources

  • Archives André Defrance
  • André Debon, Louis Pinson, La Résistance du Bocage , éd. ateliers de Normandie Impression, 1988

Voir aussi