Angèle Lamoureux

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Angèle Lamoureux, née Morice à Saint-Jean-des-Baisants le 7 novembre 1884, morte le 9 avril 1964, est une personnalité politique de la Manche.

La première femme maire dans la Manche

Angèle Lamoureux est la fille d'Émile Morice (1857-1927) qui fut maire de Saint-Jean-des-Baisants de 1912 à 1925 où ses parents exploitent alors la ferme de la Goderie [1]. Elle se marie avec Albert Lamoureux qui tient une ferme à Fontaine Rose [1]. Ensemble, ils exploitent cette ferme dans ce même village. Après le décès de son mari en 1934, elle revient vivre avec sa mère dans une maison du bourg.

En mai 1945, le maire de l’époque, Auguste Leconte qui a été rappelé à titre provisoire en janvier pour tenir les fonctions de maire, n’accepte pas la reprise d’un mandat. C’est ainsi qu'Angèle Lamoureux, déjà conseillère municipale, est élue maire de Saint-Jean, devenant la première et la seule femme maire du département à cette date [1].

C’est une femme discrète, effacée, attentive aux difficultés et problèmes des gens, elle connaît tout le monde dans la commune, chacun s’accordant à dire que « c’est une bonne personne » [1].

Au vu des procès-verbaux du conseil municipal, Angèle Lamoureux administre la commune avec beaucoup d’objectivité et de bon sens mais aussi de fermeté, n’hésitant pas à protester auprès des services administratifs pour manifester avec le conseil municipal son étonnement d’une réquisition injustifiée puisque la guerre est finie, de 102 quintaux de blé, pour réclamer un lot d’ardoises destinées à Saint-Jean mais, utilisées au profit du haras de Saint-Lô, se plaindre de la lenteur de l’exécution de la translation du cimetière, du non suivi des travaux par l’architecte désigné… [1].

Dans cette période difficile et sensible, faite de jalousies et revendications, elle a à gérer avec le « service des réfugiés » les allocations journalières des réfugiés, l’aménagement du bourg, l’attribution de baraques, du bois pour l’école, de pain pour la cantine, la reconstruction des écoles, du bureau de poste, de l’église, la distribution d’urgence aux sinistrés avec le comité des sinistrés, les entrevues, les relations quelquefois tendues avec trois architectes pour la refonte du plan du bourg, Saint-Jean-des-Baisants ayant subi un fort bombardement [1].

Malgré toute sa ténacité et sa bonne volonté, devant l’ampleur de la tâche pour la reconstruction, elle préfère démissionner en décembre 1945 [1]. Son successeur est Paul Auvray qui occupera le mandat jusqu’à 1955.

Notes et références

  1. 1,0 1,1 1,2 1,3 1,4 1,5 et 1,6 Dictionnaire des personnages remarquables de la Manche, tome 4, sous la direction de René Gautier.