André Rostand

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André Rostand, né à Paris le 9 mars 1878 et le 16 novembre 1965, est un homme politique, responsable agricole et historien de la Manche.

Biographie

Ancien Saint-Cyrien, il fait la guerre au 36e Régiment d'infanterie à Caen. Il est blessé deux fois et reçoit deux citations et la rosette de la Légion d'honneur[1].

Il est élu conseiller général du canton des Pieux en 1919 et siège au Conseil général de la Manche jusqu'en 1940. Il est nommé conseiller départemental en 1943 jusqu'en 1945 par Pierre Laval[2]. Parmi les nommés figurent Henri de Commines-de-Marsilly, maire de Saint-Georges-Montcocq et membre de la commission administrative de la Manche, dont La Dépêche du 30 janvier 1937 avait annoncé les fiançailles de la fille avec Philippe Rostand.

Il a été maire de Flamanville et longtemps propriétaire du château de Flamanville acheté à la famille des Sesmaisons par son beau-père, Charles Milcent, en 1888.

De 1919 à 1940, il dirige le journal La Dépêche de Cherbourg [1]. Ses nombreux articles mériteraient une étude attentive montrant qu'il n'était pas uniquement préoccupé de questions agricoles et d'architecture régionale. On y relève, par exemple, à propos de Léon Blum : « Le chef du gouvernement a eu l'effronterie de vanter l'entente actuelle entre la France et la grande démocratie (lisez l'Angleterre et les États-Unis). Vraiment, cet étranger à notre race ne garde aucune pudeur »[3] et cinq mois plus tard : « Après tout, qu'importe les ruines du pays à leurs chefs [du Front populaire] qui n'y sont que campés sans y être enracinés[4]. » À propos d'un voyage de Mussolini en Libye : « Il s'agissait surtout de montrer aux indigènes la puissance de la nation conquérante qui, après l'échec retentissant de ses essais de « démocratie » dans la courte période d'après-guerre, a repris la politique réaliste qui s'impose en pays arabe : collaboration effective mais non pas égalitaire entre gens qui n'ont ni même culture, ni mêmes mœurs, ni mêmes lois civiles[5] ». Il considère aussi que « le fascisme […] n'est qu'un nationalisme aux faces diverses selon les nations[6] ».

Parallèlement, il co-fonde la Société de la presse de la Manche, qui regroupe quatre hebdomadaires du centre et du sud du département [7].

Il devient membre titulaire de la Société nationale académique de Cherbourg le 7 novembre 1928[1].

Vice-président du Syndicat des agriculteurs de la Manche sous la présidence d'Émile Damecour[8], premier président de la caisse régionale du Crédit agricole mutuel de Basse-Normandie en 1927[9], il devient président de la chambre d'agriculture de la Manche en 1933 et siège au Conseil national du Gouvernement de Vichy à partir de janvier 1941. Il est également, de mars 1942 à la Libération, syndic régional. À l'été 1944, il est mis en résidence surveillée à Creuilly pendant trois mois par les autorités gaullistes du fait de sa proximité vichyste[10]. La Presse cherbourgeoise du 12 août 1944 informe, en page 2, de ce placement en résidence surveillée et que, par arrêté du commissaire régional de la République de Rouen, ses comptes sont en même temps mis sous séquestre en « application des dispositions législatives et réglementaires visant les comptes ennemis ».

Affaibli par sa surdité, considéré dès lors comme peu influent, il est élu membre du conseil d’administration de la Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles de la Manche début 1946[10] et reprend la présidence de la Chambre d'agriculture de la Manche de 1949 à 1952.

Il est l'auteur de nombreux articles et ouvrages sur l'histoire de la Picardie et de la Normandie.

Œuvres

  • Noyon, étude lue à la séance du 15 juin 1906, 1906
  • Remparts anciens de Picardie, 1907
  • En Laonnois, 1908
  • Les Descriptions anciennes de la cathédrale d'Amiens, 1911
  • L'Exposition d'art religieux ancien de Bois-le-Duc, 1913
  • Quelques documents inédits concernant l'abbaye de Saint-Evroul, conservés dans les papiers et les correspondances de Montfaucon, 1913
  • Le Retable de Livry (Calvados), 1914
  • L'Avenir du canton des Pieux, 1919
  • La Région de Basse-Normandie. Rapport présenté au congrès de l'Association normande, le 26 juin 1920, 1920
  • La Construction de l'église de Flamanville (Manche) (1669-1671), 1922
  • Les Fresques de l'église d'Omonville-la-Rogue (Manche), 1922
  • Notes sur la sculpture du moyen-âge dans l'ancien diocèse de Coutances, 1923
  • Voyages et négociations d'un diplomate bas-normand (1706-1715), 1929
  • Barbey d'Aurevilly, l'histoire et les historiens, 1930
  • J.-B. Descamps (1715-1791), 1936
  • L'Œuvre architecturale des Bénédictins de la Congrégation de Saint-Maur en Normandie (1616-1789), 1940
  • Monuments meurtris du Cotentin libéré, 1948

Bibliographie

  • Pierre de Dalmassy, Henry Néel, « Nécrologie », Revue du département de la Manche, n° 31-32, juillet-octobre 1966, p. 147-153
  • Lucien Musset, « Bibliographie de André Rostand », Bulletin de la Société des antiquaires de Normandie, t. LVIII, 1965-1966, p. 251-264

Notes et références

  1. 1,0 1,1 et 1,2 Mémoires de la Société nationale académique de Cherbourg, tome XXVII, 1969.
  2. Journal officiel de l'État français, arrêté du 16 avril 1943, page 1063.
  3. La Dépêche de Cherbourg, 27 février 1937.
  4. La Dépêche de Cherbourg, 24 juillet 1937.
  5. La Dépêche de Cherbourg, 27 mars 1937.
  6. La Dépêche de Cherbourg, 20 novembre 1937.
  7. Jean Quellien, Les Élections dans la Manche, éd. Ocep, 1973, p. 166.
  8. Émile Damecour, L'Illustration économique et financière, numéro spécial « La Manche », supplément au numéro du 28 août 1926.
  9. « Ernest Milcent » in Jean-François Hamel, sous la direction de René Gautier, Dictionnaire des personnages remarquables de la Manche, tome 1, ISBN 2891454190.
  10. 10,0 et 10,1 Mélanie Atrux-Tallau, Histoire sociale d’un corps intermédiaire : l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (1924-1974) (thèse de doctorat), Université Lumière Lyon 2, 2010.