André Lemonnier

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André-Georges Lemonnier, né à Guingamp (Côtes-d'Armor) le 24 février 1896, mort à La Glacerie le 30 mai 1963 [1], est une personnalité militaire de la Manche.

Biographie

Fils d'un officier d'infanterie et neveu du vice-amiral Le Cannellier, il suit sa famille à Cherbourg quand il n'a pas encore un an [2].

Il est élève du lycée Victor-Grignard à Cherbourg [3].

Major de promotion à l'École navale de Brest en 1913, André Lemonnier fait toute sa carrière dans la Marine nationale. Pendant la Première Guerre mondiale, il sert d'abord comme enseigne de vaisseau sur des croiseurs et des patrouilleurs (Le Gloire, La Jeanne-d'Arc, la Patrie). Il est de l'attaque des Dardannelles en avril 1915, et commande une batterie de cannoniers marins de l'Armée d'Orient en 1917. Lieutenant de vaisseau, il commande les sous-marins Frimaire et Newton à Cherbourg, la canonnière L'Emporté à Dakar, et le torpilleur Pierre Durand à Toulon.

Sorti premier de l'École navale de Guerre en 1929, il commande le torpilleur la Palme en qualité de capitaine de corvette, puis le contre-torpilleur le Malin de 1934 à 1936, en tant que capitaine de frégate, après quoi il est détaché auprès la commission de la Marine au Sénat [2].

Plus jeune capitaine de vaisseau le 23 juin 1939, il commande au début de la Seconde Guerre mondiale des batteries de canonniers marins qui défendent Paris. Il protège l'évacuation d'Anvers (Belgique), Dunkerque et Le Havre (Seine-Maritime), défend Cherbourg et assure les départs vers Casablanca. On lui confie ensuite, de 1940 à 1941, le commandement du croiseur Georges Leygues [2]. Il rejoint les Alliés après leur débarquement en Afrique du Nord.

Nommé contre-amiral le 21 novembre 1942 à Alger, il prend la tête du nouvel Office de la Marine marchande qui gère la flotte marchande française d'Afrique et d'Outre-mer [2].

Le 18 juillet 1943, André Lemonnier est promu par le général de Gaulle, chef d'état-major général de la Marine, commandant des Forces maritimes et aéronavales françaises libres. Il dirige à ce titre le débarquement de ces troupes en Corse en septembre 1943, participe auprès des généraux américains à la conception du Débarquement de Normandie [2] et commande l'escadre française qui débarque en Provence en août 1944 [3] et libère Toulon le 13 septembre suivant.

De ces expériences, il publie plusieurs ouvrages de témoignages[2].

Vice-amiral en décembre 1944, vice-amiral d'escadre en janvier 1949, il quitte l'État major pour l'Institut des hautes études de la Défense nationale qu'il dirige de 1949 à avril 1951. Il est ensuite adjoint naval du général Eisenhower au quartier général des forces alliées en Europe (SHAPE), basé dans les Yvelines [2].

Puis, il participe à la fondation et dirige le collège de défense de l'OTAN qui forme les cadres supérieurs des forces du bloc occidental [2].

Promu amiral en décembre 1952, il prend sa retraite en août 1956 [2].

Membre, vice-président et secrétaire perpétuel de l'Académie de Marine, membre correspondant de la Société nationale académique de Cherbourg [3], il est fixé à La Glacerie dans sa propriété du manoir de la Fieffe après son mariage avec la Cherbourgeoise Madeleine Lecerf [2]. De cette union naissent cinq enfants [2], dont Claire, qui signe les illustrations de Paisible Normandie et 6 juin 1944 : les cent jours de Normandie [1].

Mort le 30 mai 1963, un hommage lui est rendu le 5 juin en la basilique Sainte-Trinité [2].

Publications

  • Paisible Normandie, éd. La Colombe, 1954
  • Cap sur la Provence, éd. France Empire, 1954
  • Croiseurs en action, éd. France Empire 1959
  • Les Cent jours de Normandie, 1961

Distinctions

Il est grand croix dans l'Ordre de la Légion d'honneur (septembre 1950).

Hommages

Trois rues célèbrent son souvenir :
- l'avenue de l'Amiral-Lemonnier à Cherbourg-Octeville
- l'avenue du Vice-Amiral-Lemonnier à La Glacerie
- l'avenue de l'Amiral-Lemonnier à Marly-le-Roi (Yvelines)

Notes et références

  1. 1,0 et 1,1 Bibliothèque!que nationale de France (lire en ligne).
  2. 2,00 2,01 2,02 2,03 2,04 2,05 2,06 2,07 2,08 2,09 2,10 et 2,11 Philippe Durand, La Glacerie 1901-2001 : son premier siècle de vie locale, ville de La Glacerie, Paris, 2001.
  3. 3,0 3,1 et 3,2 Mémoires de la Société nationale académique de Cherbourg, tome XXVII, 1969.

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