Alexandre Bigot

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Alexandre Bigot.

Alexandre-Pierre-Désiré Bigot, né à Cherbourg le 15 mars 1863, mort à Caen (Calvados) le 20 avril 1953, est un géologue de la Manche.

Biographie

Il passe son enfance et sa jeunesse à Cherbourg, où il fait ses études primaires et secondaires au lycée Victor-Grignard [1]. Passionné de sciences naturelles, il s’intéresse aux collections géologiques du Musée du Havre puis rencontre le botaniste cherbourgeois Louis Corbière qui devient son ami [1]. C’est avec lui qu’il C’est avec lui qu’il s'initie vraiment à la géologie, en étudiant la tranchée de chemin de fer entre Sottevast et Martinvast, où ils découvrent les schistes à trinucleus. Ayant entrepris des études de géologie à l'université de Caen, il est bientôt licencié en sciences naturelles, puis part à Paris pour préparer une thèse. Le professeur Hébert le remarque, le prend comme préparateur, et sera son directeur de thèse. Il décroche son doctorat ès sciences naturelles le 7 mars 1890 à la faculté des sciences de Paris, grâce à sa thèse intitulée L'archéen et le cambrien dans le nord du massif breton et leurs équivalents dans le Pays de Galles.

Après trois ans comme chargé de cours, il obtient un poste de professeur de géologie à la faculté des sciences de Caen en 1893[2]. En 1894, il épouse Emma Eudes-Deslongchamps, fille du professeur Eugène Eudes-Deslongchamps décédé en 1889, et auquel auquel il a succédé à la chaire de géologie. La famille de ce dernier possédait le château de Mathieu (Calvados), également appelé château Saint-Ouen, une belle demeure du 18e siècle construite sur des bâtiments plus anciens. Alexandre Bigot s'y installe alors avec sa famille, et poursuit l'œuvre de son beau-père et de Jacques-Amand Eudes-Deslongchamps, le père de ce dernier : elle consiste à effectuer des relevés géologiques sur tout le territoire normand, et à les cartographier.

Il fonde le Bulletin du laboratoire de géologie où les étudiants peuvent publier leurs travaux et faire connaître la géologie régionale. De 1890 à 1895, il y fait paraître l'importante Esquisse géologique de la Basse-Normandie. Il publie en 1891 un article sur les couches à Phosphates du plateau d'Orglandes qui attisent toutes les convoitises et seront exploitées par les Établissements L. Dior de Granville. En 1903, il est élu successivement secrétaire des Assises de Caumont et vice-président de la Société géologique de France. Il continue pendant ce temps le lever des cartes géologiques de Barneville, Alençon, Mayenne et Les Pieux.

Élu doyen de la Faculté des Sciences de Caen de 1907 à 1927, il est également membre correspondant du Comité des travaux historiques et scientifiques de 1911 à 1931, ainsi que secrétaire général de la Société linnéenne de Normandie. Malgré la mort successive de son fils et sa fille, ses publications, surtout régionales, sont innombrables (352 publications), et il continue inlassablement la levée des cartes géologiques (Coutances, Saint-Lô et Cherbourg).

Il prend sa retraite en 1933, et la chaire de géologie passe alors au professeur Louis Dangeard. Quoique retraité, il n'en poursuit pas moins ses recherches.

En 1918, il reçoit le prix Prestnich de la Société géologique de France[2].

En 1942, il édite la célèbre Esquisse géologique et morphologique de Basse-Normandie, fruit d'un demi-siècle de travail, mais la guerre vient lui porter un nouveau coup : sa petite-fille est tuée dans les bombardements américains de 1944. Les bombardements alliés détruiront également la bibliothèque et les collections géologiques du laboratoire de la rue Pasteur à Caen, puis la bibliothèque des Deslongchamps, rue de Geôle. Malgré tout, il contribue par ses connaissances exceptionnelles du sous-sol normand à l'étude des projets d'alimentation en eau des communes sinistrées de Basse-Normandie.

Alexandre Bigot meurt en 1953 au château Saint-Ouen, âgé de 90 ans, lauréat des plus hautes distinctions scientifiques.

Distinctions

Il est commandeur de la Légion d'honneur.

Hommages

Le nom d'Alexandre Bigot est donné au début des années 1960 à une rue de Caen, dans le nouveau quartier du Calvaire Saint-Pierre construit au nord de la ville après la Seconde Guerre mondiale.

Notes et références

  1. 1,0 et 1,1 Auguste Chevalier, « Nécrologie : Alexandre Bigot », Journal d'agriculture traditionnelle et de botanique appliquée, 1953, p. 277-280 (lire en ligne).
  2. 2,0 et 2,1 Qui êtes-vous? Annuaire des contemporains, notices biographiques, volume 3, éd. Piero, 1924.

Lien externe