AIM Group

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Publicité AIM Groupe

AIM Group, originellement Abattoirs industriels de la Manche, puis AIM Groupe, est une ancienne entreprise coopérative de la Manche, ayant son siège social à Sainte-Cécile.

Historique

Elle est créée en 1956 et rachetée en 2003 par la coopérative de porcs Cap 50 [1]. C'est l'un des derniers abattoirs français indépendants de la grande distribution[1].

L'entreprise est détenue par Cap 50 à 64 % et par le groupe d'aliments pour bétail JDIS (ex-Terdici)[2].

En 2008, l'entreprise rachète la Cheville saint-loise.

Une de La Presse de la Manche du 1er avril 2015.

En 2013, l'entreprise doit faire face à des difficultés financières. Le 27 juin, la Région Basse-Normandie et le Conseil général de la Manche y injectent 700 000 € pour payer les salaires et les fournisseurs [3]. En décembre, une société d'économie mixte (SEM), Imagine, est créée, au capital de 5 millions d'euros, qui réunit la région Basse-Normandie, le Conseil général de la Manche, la Caisse des dépôts et consignations représentant l'État et la Communauté de communes du canton de Villedieu-les-Poêles, avec pour objectif de racheter les bâtiments à hauteur de 8 millions d'euros et dégager ainsi 5 millions d'euros de cash [3].

En janvier 2015, la région et le Conseil général augmentent le capital d'Imagine de deux millions d'euros [4]. Mais les concurrents à bas coût espagnols et allemands, la pression sur les prix de la grande distribution, l’embargo russe et la gestion de l’entreprise mettent à mal sa trésorerie [5]. Le 23 décembre 2014, la direction de l'entreprise annonce qu'elle va déposer le bilan [6]. Le 6 janvier 2015, le tribunal de commerce de Coutances place l'entreprise en redressement judiciaire [5] [7].

Au début de mars 2015, ne trouvant aucun repreneur pour le site de Sainte-Cécile, les syndicats imaginent de créer une société coopérative de production (Scop), qui pourrait reprendre environ 200 employés [1]. Pour lui donner une chance, le personnel reprend le travail le 11 mars, après trois semaines de grève [1]. En mars, le Conseil général et la région Basse-Normandie s'engagent à soutenir la société coopérative que les employés veulent créer, ainsi, un peu plus tard, que l'État en garantissant un prêt de 2,5 millions d'euros [8].

Le 31 mars 2015, le tribunal de commerce de Coutances approuve deux offres de reprise, celle de l'abattoir d'Antrain, avec 70 emplois sauvés sur 179, et celle de l'abattoir de Sainte-Cécile (206 emplois sauvés sur 357) [9]. Une société par actions simplifiée (SAS) sera constituée pour l'abattoir de Sainte-Cécile, au lieu d'une Scop comme prévu initialement [9].

La Société nouvelle AIM Group est constituée le 8 avril 2015 avec la SAS Abattoirs salariés solidaires Normandie (66 %) et la SEM des collectivités publiques (34 %) [10]. Deux cents salariés y investissent leurs indemnités de licenciement et une partie de leurs primes de fin d'année, soit environ 500 000 € [10].

Le 3 septembre 2015, le tribunal administratif de Caen annule pour un vice de forme le plan social signé en avril avec l'ancienne société, qui concernait 197 employés, dont 150 à Sainte-Cécile [11]. Mais le 5 janvier 2016, la Cour administrative d'appel de Nantes annule ce jugement [12].

La nouvelle société est composée à 51 % d'une société par actions simplifiée réunissant d'anciens salariés et à 49 % de la société d'économie mixte regroupant le Conseil régional de Basse-Normandie et le Conseil départemental de la Manche[11].

Le 2 avril 2018, les dirigeants d'AIM Group, en cessation de paiement, déposent le bilan de l’entreprise [13]. Le 4 avril, le tribunal de commerce de Rouen (Seine-Maritime) place l'entreprise en redressement judiciaire avec une période d'observation de six mois [14]. L'entreprise doit 2,7 millions d'euros à l'URSSAF, auxquels s'ajoutent 1,7 million de loyers impayés [14]. Le 4 juillet 2018, le tribunal de commerce de Rouen prononce la liquidation judiciaire de l'entreprise, faute d'offre de reprise financée : les 235 salariés vont être licenciés [15].

AIM Group voit ses clients fuir peu à peu : il n'abat plus que 5 000 porcs par semaine [16]. « C'est la fin du porc né, élevé et abattu en Normandie », résume Sébastien Lafon, ex-président d'AIM Group et représentant des salariés [16].

Pour Ouest-France, citant une source anonyme, « plus de 20 millions d'aides publiques en tous genres ont été accordées » en pure perte à l'entreprise depuis le début de ses difficultés [16].

En septembre 2018, la cellule Altedia (la même qu'en 2015) entame le reclassement de 211 salariés [17]. Le 4 décembre de la même année, le tribunal de commerce de Rouen (Seine-Maritime) prononce l'extension de la procédure de liquidation judiciaire d'AIM Group à la SEM Imagine [18]. Le 13 décembre suivant, le tribunal administratif de Caen (Calvados) rejette la requête des anciens salariés d'AIM qui jugent insuffisantes les mesures d'accompagnement et confirme la légalité du plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) mis en place [19],[20]. Le 30 avril 2019, la Cour administrative d'appel de Nantes (Loire-Atlantique) rejette à son tour la requête en annulation du plan de sauvegarde de l'emploi déposée par 190 ex-salariés d'AIM basée sur la faiblesse des propositions de reclassement des personnes fragilisées (salariés âgés, parents isolés, femmes enceintes...) [21]. Le 27 décembre 2019, le Conseil d'État rejette à son tour la requête des salariés [22].

Le 13 juin 2019, l'entreprise néerlandaise PIPM (Platinum Industrial Plant and Machinery) rachète les 40 poids lourds et les 15 véhicules légers d'AIM, ainsi que divers matériels, pour 1,1 million d'euros [23].

En décembre 2019, le tribunal de commerce de Rouen valide le rachat des locaux par la société Boucherie Saint-Michel, basée à Villedieu-les-Poêles-Rouffigny, qui souhaite relancer l'activité en sauvant une centaine d'emplois en tablant sur la création d'un marché avec l'Asie [24].

Production

En 2014, 13 400 porcs y sont abattus par semaine (15 000 en 2011) [16]..

En 2013, l'entreprise abat 81 000 tonnes de bétail, des porcs à 81 % [6] (750 000 porcs sont « traités » en 2012 [2]).

L'abattoir a vu passer « jusqu'à 40 % de l'élevage normand de porcs » [16].

Chiffre d'affaires

Son chiffre d'affaires est de 70 millions d'euros en 2017 (64 M€ en 2016, 246,7 M€ en 2013 [6]).

Effectifs

En 2018, l'entreprise emploie 226 personnes à Sainte-Cécile[13] ( 591 personnes, dont 373 dans la Manche en 2014[6] (700 personnes en 2013 [2]), dont 352 à Sainte-Cécile, le siège social, le reste dans les sites de Villedieu-les-Poêles, Dangy et Moyon), 179 à Antrain (Ille-et-Vilaine), 24 à Nogent-le-Rotrou (Eure-et-Loir), 10 à Bernay (Eure) et 5 à Vire (Calvados) [25]. Le groupe gère également le site de Cap 50 à Saint-Martin-de-Bonfossé.

Administration

Adresse : 30, avenue Armand-Ligot
50800 Sainte-Cécile
Tél. 02 33 91 41 00
Fax 02 33 51 66 61

Notes et références

  1. 1,0 1,1 1,2 et 1,3 Chloé Coupeau, « La justice se penche sur les abattoirs AIM menacés de liquidation », AFP, 19 mars 2015, 12 h 29.
  2. 2,0 2,1 et 2,2 François Lemarchand, « Dans la Manche, AIM joue la proximité », Ouest-France, 14 mars 2013.
  3. 3,0 et 3,1 Guillaume Le Du, « AIM : l'argent public à la rescousse de l'abattoir », Ouest-France, 14-15 décembre 2013.
  4. « AIM : Région et département font le bilan des aides », site internet lamanchelibre.fr, 28 mars 2015.
  5. 5,0 et 5,1 « Les abattoirs AIM placés en redressement judiciaire, près de 600 emplois menacés », Le Monde, site internet, 6 janvier 2015 (lire en ligne)..
  6. 6,0 6,1 6,2 et 6,3 « Les abattoirs AIM vont déposer le bilan », AFP, 23 décembre 2014, 15 h 53.
  7. Chloé Coupeau, « Les abattoirs normands AIM en redressement judiciaire », AFP, 6 janvier 2015, 13 h 59.
  8. « AIM : l'État s'engage, soulagement des salariés», AFP, 28 mars 2015, 18 h 42.
  9. 9,0 et 9,1 Chloé Coupeau, « Abattoirs AIM : plus de la moitié des emplois supprimés », AFP, 31 mars 2015, 19 h 01 ; Pierre-Henri Allain, « Deux offres de reprise validées pour les abattoirs AIM », Reuters, 31 mars 2015, 21 h 12 ; Guillaume Le Du, « La moitié des 600 emplois de l'abattoir AIM sauvée », Ouest-France, 1er avril 2015.
  10. 10,0 et 10,1 Guillaume Le Du, « AIM : les salariés mettent au pot », Ouest-France, 3 juin 2015.
  11. 11,0 et 11,1 Maxime Mainguet, « Le plan social aux abattoirs AIM annulé », Ouest-France, 22 septembre 2015.
  12. « AIM : le plan social n'est plus annulé... », Ouest-France, 27 janvier 2016.
  13. 13,0 et 13,1 Guillaume Le Du, « AIM Group : l’abattoir dépose le bilan », Ouest-France, site internet, 30 mars 2018 (lire en ligne).
  14. 14,0 et 14,1 « Trois ans après son sauvetage, l'abattoir AIM est placé en redressement judiciaire », francetvinfo, site internet, 4 avril 1018.
  15. « Abattoir AIM en liquidation judiciaire : 235 salariés licenciés », La Presse de la Manche, site internet, 4 juillet 2018.
  16. 16,0 16,1 16,2 16,3 et 16,4 Guillaume Le Du, « La fin d'AIM Group : épilogue d'un fiasco normand », Ouest-France, 6 juillet 2018.
  17. « AIM : le reclassement des salariés a débuté », La Manche Libre, site internet, 7 novembre 2018.
  18. « Ex-AIM à Sainte-Cécile : le tribunal de commerce demande la liquidation de la SEM Imagine », La Manche Libre, site internet, 7 décembre 2018.
  19. « Liquidation d'AIM dans la Manche : la justice n'a pas donné raison aux salariés », La Manche Libre, site internet, 14 décembre 2018.
  20. Benoît Lascoux, « AIM : le plan social validé par la justice », Ouest-France, 19 décembre 2018.
  21. « Les ex-AIM déboutés en appel », Ouest-France, 2 mai 2019.
  22. Frédérique Jourdaa, « Le Conseil d'État clôt le dossier AIM », Ouest-France, 28-29 décembre 2019.
  23. Michel Coupard, « Le glas a sonné pour le site des abattoirs AIM », Ouest-France, 18 juillet 2019.
  24. Reprise des locaux d'AIM : 100 emplois à la clé », Ouest-France, 14-15 décembre 2019.
  25. « AIM : les abattoirs visent le redressement judiciaire », La Presse de la Manche, 24-25 décembre 2014.

Articles connexes

Lien externe