Aérodrome de Querqueville

De Wikimanche

Vue aérienne en 1947
Vers 1942

L'aérodrome de Querqueville est un ancien terrain d'aviation de la Manche situé à Querqueville.

Il est créé en 1925 pour l'entraînement des forces aéronavales [1]. Son hangar est construit [2] par les Établissements R. Sottile. Il s'agit d'un aérodrome militaire, doublé d'une base d'hydravions, la baie de Sainte-Anne servant aux amerrissages [3]. Au début de la Seconde Guerre mondiale, il regroupe deux escadrilles de chasse et deux escadrilles de bombardement [4].

En 1939, il prend pour dénomination Base d'aéronautique navale de Querqueville.

L'aérodrome accueille à l'occasion des vols civils.

Le 3 mai 1936, favorisé par le vent, un bimoteur d'Air Commercial Company relie Heston (Angleterre) à Querqueville en cinquante minutes [5]. Le retour, par vent contraire, lui prend deux heures [5]. Le même jour, un avion de la compagnie allemande Deutsche Hansa amène de Cologne (Allemagne) 288 kg de sacs postaux destinés au paquebot Bremen en partance de Cherbourg pour New York [5]. Il effectue son vol en 3 h 20 [6]. Ces vols se répètent jusqu'au début de la Seconde Guerre mondiale [7].

En 1939, les 5 et 6 août, une « fête des ailes » y est organisée, qui attire une foule importante [8]. L'Amiot 350, « premier appareil construit à Cherbourg par les magnifiques usines crées par M. Félix Amiot » y est présenté [8]. Le meeting est endeuillé par la mort du parachutiste cherbourgeois Albert Proudhon [9].

Le 17 juin 1940, l'escadrille de bombardement décolle pour aller s'opposer à l'avance de Rommel [4].

Pendant l'été 1940.

Il sert de base à la Luftwaffe pendant l'Occupation. Les Allemands détruisent les pistes et piègent les accès avec des mines [1].

Il est remis en état par les troupes américaines après la prise de Cherbourg. Il prend pour nom de code ALG A-23 C [1]. Le 850e Engineer Aviation Battalion (EAB) commence les travaux le 30 juin et les termine le 6 juillet [1]. Sa piste est rallongée de 500 mètres et portée à 1 402 mètres de long sur 36,57 mètres de large, avec un revêtement métallique [1]. Opérationnel dès le 19 juillet 1944, il est finalement peu utilisé par les Alliés [10]. À l'exception du « pont aérien » établi avec l'aéroport de Reims (Marne) du 6 au 11 septembre 1944 [10], pour accompagner l'avancée rapide des troupes alliées dans l'est de la France et faire face aux difficultés d'approvisionnement en carburant : 200 Douglas C-47 Skytrain transportant des jerrycans d'essence font la rotation entre les deux villes [10].

À la fin de la guerre, le terrain est utilisé par les Alliés dans le cadre de l'opération Lusty, pour recevoir, entre autres, neuf Messerschmitt Me 262 et un Arado Ar 234 venant du terrain de Lechfeld, près d'Augsbourg en Allemagne, via Saint-Dizier et Melun, avant leur embarquement à Cherbourg sur le porte-avions britannique Reaper à destination des États-Unis.

La marine française cesse d'utiliser l'aérodrome en 1948 [1].

le 17 juin 1963, la Base d'aéronautique navale de Querqueville est accouplée à celle de Maupertus.

Le terrain d'aviation est abandonné en tant que tel en 1966 [3]. Ses pistes et ses bâtiments ayant été détruits, le terrain d'aviation cède la place à l’École des fourriers de Querqueville.

Notes et références

  1. 1,0 1,1 1,2 1,3 1,4 et 1,5 « Aérodromes de Normandie », La Bataille de Normandie (lire en ligne).
  2. Cité de l'architecture et du patrimoine (ArchiWebture), Fonds Bétons armés Hennebique (BAH), consulté le 5 janvier 2018 ((lire en ligne).
  3. 3,0 et 3,1 Site internet de la ville de Querqueville, consulté le 18 septembre 2015.
  4. 4,0 et 4,1 Site internet de l'École des fourriers de Querqueville, consulté le 18 septembre 2015.
  5. 5,0 5,1 et 5,2 « Le Channel traversé en 50 minutes », Cherbourg-Éclair, 4 mai 1936.
  6. « Première arrivée d'un avion transportant le courrier destiné au Bremen », Cherbourg-Éclair, 4 mai 1936.
  7. « À l'aérodrome de Querqueville », Cherbourg-Éclair, 6 août 1939.
  8. 8,0 et 8,1 « La fête des ailes », Cherbourg-Éclair, 6 août 1939.
  9. « La Journée des ailes attristée par la noyade du parachutiste Proudhon », Cherbourg-Éclair, 7 août 1939.
  10. 10,0 10,1 et 10,2 Robert Lerouvillois, Cherbourg, port de la liberté dans la bataille de Normandie, éd. Isoète, 2009.

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