Émile Jugan

De Wikimanche

Émile Jugan, né à Vains en 1920 et mort en 1999, est un artiste de la Manche.

L'artiste-pêcheur de la baie

Né dans une famille de pêcheurs à pied, Émile Jugan reprend dès l'âge de treize ans le rude métier de son père [1]. Jusqu'à sa retraite, et encore bien après, il pousse sa « bichette », installe ses filets, manie la « turlutte » ou la foëne pour capturer crevettes, saumons, étrilles, mulets, plies, etc. [1]. Et ceci jour et nuit, dans les parages de la pointe du Grouin du sud qu'il aime particulièrement [1].

Au fil des ans, plus aucun recoin de la baie du Mont-Saint-Michel n'a de secret pour lui [1]. Il en devient tout naturellement un des guides occasionnels les plus appréciés [1]. Et cela d'autant plus qu'il n'a pas son pareil pour faire partager son amour de ces lieux de légende.

Il s'en fait aussi un des plus habiles peintres amateurs, fixant sur la toile, dans son atelier de Vains, les scènes familières et les horizons sans fin [1]. Son œuvre picturale, d'une extrême variété, a fait l'objet de plusieurs expositions. Cet homme discret, simple et bon, consacre enfin une partie des loisirs de sa retraite à sauvegarder la mémoire de la baie en participant à la création et à l'animation de la Maison de la pêche à pied et des salines [1].

Saisie par un photographe breton, M. Mauxion, sa silhouette a fait le tour du monde grâce à une belle carte postale éditée par le syndicat mixte pour l'équipement touristique de la Manche [1]. L'homme lui-même fait l'objet de multiples portraits et reportages dans la presse locale, régionale et nationale et dans quelques émissions télévisées, y compris au Japon [1].

Pourtant, Émile Jugan n'est pas une « vedette » au sens où on l'entend généralement. Durant toute sa vie, il n'est qu'un très modeste pêcheur à pied de la baie. Un des derniers, sans doute, à en exercer la profession. Seulement, Émile Jugan, que tous ses amis surnommaient « Émile Toto » pour le distinguer d'autres Jugan de son pays natal, est une figure exceptionnelle des grèves qu'il sillonne pendant des dizaines d'années à pied ou en doris et dont il est un des connaisseurs et des amoureux les plus passionnés [1]. Si l'on a pu dire de lui qu'il fut la « légende de la baie », c'est sans doute parce qu'il incarne à lui seul toute une tradition et toute une histoire, celle des sauniers, par exemple, que l'heure de la retraite venue, il s'efforce de faire revivre [1].

Après la mort de celui qui a toujours vécu au rythme des marées, ses cendres sont dispersées sur les grèves qu'il a tant arpentées [1].

Distinction

  • Peu avant sa disparition, il reçoit en reconnaissance la médaille d'argent du tourisme des mains de Léon Jozeau-Marigné [1].

Hommage

Notes et références

  1. 1,00 1,01 1,02 1,03 1,04 1,05 1,06 1,07 1,08 1,09 1,10 1,11 et 1,12 Jean-François Hamel, sous la direction de René Gautier, Dictionnaire des personnages remarquables de la Manche, tome 3.