Église Saint-Médard et Saint-Gildas (Les Chéris)

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Église Saint-Médard et Saint-Gildas des Chéris

L'église Saint-Médard et Saint-Gildas des Chéris est un édifice catholique de la Manche.

L´église a appartenu à l´abbaye de Montmorel. Elle est refaite à la fin du 19e - début du 20e, en commençant par la nef et la tour du clocher .

Dans L’Avranchin, monumental et historique, Édouard Le Héricher écrivait vers 1850 : « Cette église frappe à l’extérieur par sa simplicité et sa misère... ». Elle est « comparable à l’étable de Béthléem », peut-on lire dans une conférence épiscopale de 1867.

Mais encore (toujours d’après Le Héricher): « À l’extrémité d’un promontoire, baigné par le Beaulinge, se projette le cimetière des Chéris, sur un ravin rongé par les voitures (à chevaux bien sûr !) et les pluies. L’humble portail de l’église, avec sa vieille ogive, et la lancette bouchée qui la surmonte, avec ses deux statuettes vermoulues, est ombragée par un if antique. Avec la nef et la croix du cimetière, il représente les parties antiques de l’édifice ; on peut y joindre les fonts qui sont brisés, et un autel ou table de granit- mais aucun caractère architectural ne permet d’en préciser l’époque. Le chœur et les transepts sont récents. La croix du cimetière est formée d’un fût arrondi avec des nœuds, et d’un croisillon polygonal. Cette église frappe à l’extérieur par sa simplicité et sa misère. Ces murs vermoulus, couverts de lichens, qui sont les cheveux blancs des pierres, cache un intérieur moderne brillant, lavé, peinturluré, d’un pénible contraste. Ce qu’il présente de plus remarquable, c’est le grand nombre et la variété des tombes qui pavent la grande allée, tombes de prêtres, de guerriers, de seigneurs, couvertes de croix et de calices, d’épées et d’écussons... Une de ces croix est historiée (elle fut donnée plus tard au chateau du Plantis); une croix de Jésusalem entourée d’un cercle perlé, est encastrée dans l’un des murs du chœur. C’est celle du commandeur de Villedieu...

Un devant d’autel brille des arabesques végétales du 18e siècle, ayant au milieu une jolie madone dans un ovale de fleurs. La tour est basse et repose sur des poutres et des madriers qu’on voit à l’intérieur...

Entre les deux bois est le Plantis, manoir avec une chapelle. Un autre fief s’appelle le Bardé : aussi l’église paroissiale renferme-t-elle les chapelles du Bardé et du Plantis.

Le chapitre de la cathédrale d’Avranches avait la dîme du moulin des Chéris. Dans la paroisse des Chéris, le seigneur commandeur de Villedieu possède les fiefs de l’Ulagrie et Rue Morin, sur l’un desquels fiefs est assise l’église paroissiale dont il est le seigneur honoraire... »

En remontant dans le temps, on trouve un compte rendu de Pierre-Daniel Huet, évêque d’Avranches qui, après avoir visité Chalandrey et Vezins, termine sa tournée, en ce jeudi deuxième jour d’août 1696 en déclarant : « Au dit jour, au dit lieu. A comparu le Sieur Roussel, prieur, curé d’Escheris, lequel nous a déclaré avoir 250 communiants ; que son thrésor n’est que de 11 livres 10 sols et celuy des fondations de 63 livres. Il n’y a qu’une chapelle, celle de M. de Boudé, desservie dans l’église. Ny maître, ny maîtresse d’école, 3 sage-femmes bien instruites. Ce fait, nous sommes retirés à Avranches dans notre palais episcopal. »

Une série de verrières, réalisées par Muraire Maître verrier d´Évreux en 1904, orne les fenêtres de l'édifice.

Cette église, détruite à 80 % lors de la tempête du 26 janvier 1999, est restaurée en 2003.

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