Église Saint-Jacques (Saint-James)

De Wikimanche

Vue de l'église Saint-Jacques.
Chaire.
La nef.

L’église Saint-Jacques de Saint-James est un édifice catholique de la Manche.

Jusqu'aux environs de 1700, Saint-James, qui s'est appelée Saint-Jacques de Bévron, puis Saint-Jacques de Beuvron, puis Saint-James de Beuvron avait trois églises[1] :

  • l'église Saint-Jacques, érigée au 11e siècle,
  • l'église Saint-Martin-du-Bellé, élevée par les chevaliers de Saint-James comme église paroissiale, dévorée par un incendie en 1700[1],
  • l'église Saint-Benoît, construite par les moines de Saint-Benoît-sur-Loire au pied de la colline.

Elles sont utilisées l'une après l'autre pour éviter les frais de réparation ou deux en même temps si besoin.[1]

La construction de l'actuelle église Saint-Jacques date de 1853.[1]

Histoire

Vers 1027, les ducs Robert Ier de Normandie (père du Conquérant) et Richard (son oncle) élèvent l’église du Prieuré et la donnent à l’abbaye royale de Fleury ou de Saint-Benoît-sur-Loire.[2] Ils la dédient à saint Jacques le Majeur dont on apporta des reliques qui attiraient les pèlerins et leurs offrandes.[2]

À cette époque, le prieuré s'élève près de l'église et son cloître est au sud (à la fin du 17e siècle, il en existe encore des vestiges).[2]

En 1082, un clocher est édifié.

Puis Saint-James se développe si bien que le 7 avril 1630, l’église Saint-Jacques devient église paroissiale.

À la fin du 17e siècle, l’église Saint-Jacques est assez vaste avec des bas-côtés sans voûte, comme la plupart des églises romanes de son époque. Elle a (d’après un procès-verbal de 1686) environ 50 m de longueur et 16 m de hauteur. Les murailles de la nef sont supportées par six arcades romanes. Des demi-fenêtres l'éclairent.[2]

En 1669, des travaux de restauration sur la tour sont entrepris, mais une imprudence des ouvriers provoque sa chute[2]. Suite à un différend avec le chanoine qui dirige le Prieuré, la reconstruction, au sud ne commence qu’en 1682[2].

Pendant la Révolution, l’église sert de logement aux troupes.

Lors du rétablissement du culte , en 1802[1], Saint-Benoit est annexée à Saint-James (elle retrouvera son indépendance plus tard).

En 1837, la tour de l’église de Saint Martin-du-Bellé, en mauvais état, est abattue.

Les deux vieilles églises Saint-Jacques et Saint-Martin-du-Bellé sont démolies, une église neuve les remplace, commencée en 1853 selon l'abbé Lecanu[1]. Le portail ogival de Saint-Martin-du-Bellé est reconstruit à l'entrée du cimetière paroissial[1].

On abat le chœur de l'église Saint-Jacques jusqu'au mur du campanile et l'on construit une nef et deux chapelles au bout de l'ancienne nef qui devient le chœur et la sacristie.[3]

Dans l'église Saint-Jacques, les travaux continuent : l’entrée est réparée et les marches installées (le sol s’était affaissé lors du retrait du cimetière en 1855). En 1859, le curé en accord avec le conseil de fabrique fait appel à des dons des paroissiens et à un emprunt. En 1867, le gros œuvre est terminé et en 1870, l’intérieur est parachevé.

Le campanile est remplacé en 1875 par un clocher ogival, du style du 15e siècle.[3]

En 1925, en trois mois, le père Maurice Briault peint tout le faux triforium avec l’aide d’un peintre de Pontmain et de deux vicaires.

En 1926, un orgue Merklin de 1850[4] est installé sur la tribune dans l’abside.

En 1933, la vierge Notre-Dame-Saint-Martin du 14e siècle et qui venait de l’église Saint-Martin-du-Belley est dressée sur une stèle derrière le chœur.

En 1972, des pans de plâtre décollés par l’humidité menacent de s’effondrer.

En 1985 et 1988, des travaux sont entrepris. Les pierres des ouvertures réapparaissent, les vitraux sont remis à neuf et l’ancien maître-autel retrouve son aspect ancien après la restauration de son grand tabernacle.

En 2011, pour un euro symbolique, la commune achète l'orgue à la paroisse[4]. Il est restauré en 2013 et 2014, en même temps que la toiture, les chéneaux, les plâtres et la mezzanine, pour un coût de 240 000€. Le tout financé par un appel aux dons, la municipalité et la Fondation du patrimoine[4].

Dans la nuit du 5 au 6 novembre 2017, une partie de la voûte s'effondre [5]. L'orgue centenaire est sous les décombres [5].

Mobilier

  • Vierge à l'Enfant du 14e siècle, classée à titre d'objet monument historique le 13 avril 1904[6]
  • Nombreuses verrières figurées du 19e siècle et début du 20e.
  • Orgue Merklin de 1850

Notes et références

  1. 1,0 1,1 1,2 1,3 1,4 1,5 et 1,6 Abbé Auguste Lecanu, Histoire du diocèse de Coutances et Avranches depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours: suivie des̀ Actes des saints et d'un tableau historique des paroisses du diocèse, Volume 2, Salettes, 1878, p. 290
  2. 2,0 2,1 2,2 2,3 2,4 et 2,5 Victor Ménard, Histoire de la ville et du château de Saint-James de Beuvron, impr. de A. Perrin, Avranches, 1891, p. 7- 10(lire en ligne)
  3. 3,0 et 3,1 Victor Ménard, Histoire de la ville et du château de Saint-James de Beuvron, impr. de A. Perrin, Avranches, 1891, p. 158, note de bas de page (lire en ligne)
  4. 4,0 4,1 et 4,2 Flora Gelot, « L'orgue détruit, consternation dans la Manche », Ouest-France, 9 novembre 2017
  5. 5,0 et 5,1 « Manche : le plafond de église s'écroule », Ouest-France, 7 novembre 2017.
  6. Notice n°PM50000981, base Palissy (mobilier), médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine, ministère de la Culture.

Liens internes

Localisation

48°31′25.03″N 1°19′12.30″W / 48.5236194, -1.3200833