Église Notre-Dame (Jobourg)

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Extérieur de l'église
Arc triomphal et poutre de gloire

L'église Notre-Dame de Jobourg est un édifice catholique de la Manche.

Histoire

Il s'agit d'une église romane, d'aspect massif et trapu. Jean-François Millet disait d'elle : « On dirait que le temps s'est assis dessus. »

Elle culmine à 180 mètres d'altitude [1].

Selon la tradition, elle aurait été construite sur l'emplacement et en partie avec les pierres d'un ancien temple romain consacré à Jupiter [1], mais rien ne permet de le confirmer [2].

Elle est donnée en 1165 à l'abbaye Notre-Dame du Vœu de Cherbourg par Richard de Ham et Guillaume de Carbonnel, donation confirmée en 1176 par Henri II de Plantagenêt [3]. Des armes de l'abbaye sur le fronton occidental de la nef il ne reste qu'une couronne et un écusson martélé à la Révolution avec l'inscription lisible +PA(ter) +AVE AVE MARIA[2].

Point culminant du cap de la Hague, la tour sert d'observatoire de 1761 à 1781 à dom Fleury, curé de Jobourg, qui renseigne chaque jour le gouverneur de Cherbourg sur les navires anglais qui passent au large [4].

Elle est classée au titre des monuments historiques (MH) par un arrêté du 26 juin 1972 [5] et fait l'objet d'une importante rénovation dans la même décennie [2].

Elle a abrité la confrérie de Notre-Dame-du-Mort-Cri, fondée en 1605.

La légende du Cavalier des landes, fixée d'après la tradition orale par Digard de Lousta, raconte qu'un duel à l'épée a eu lieu au nord de l'église entre M. de Mary et M. de la Fouèdre, qui avait mis en cause la réputation de la femme du premier [6]. « Mme de Mary qui était à l'office fut avertie du combat : elle accourt, jette un cri. Son mari se retourne, il est aussitôt transpercé d'un coup d'épée. » [4]. Le vainqueur fut contraint d'élever une croix expiatoire, la croix Ricard, appelée aujourd'hui croix Bel Air, déplacée « près de l'usine atomique » [4].

Description

La partie la plus ancienne remonte au 11e siècle, mais le réemploi d'un édifice roman ou pré-roman à travers les corbeaux des corniches de formes variées laisse penser la pré-existence d'un sanctuaire chrétien[2]. La croisée du transept est également pré-roman ou roman par les arcs de plein cintre et les colonnettes à chapiteaux[2].

Sa nef est lambrissée, son chœur du 11e siècle selon Guillaume de Monfreid, du 12e selon Michel de La Torre, a été voûtée d'ogives au 13e s. Son chevet est plat. La travée carrée porte une tour-clocher massive (16e s.)[3] au toit en bâtière et aux abat-son en schiste[2]. Des deux chapelles latérales du 16e siècle, celle élevée au sud par les Mary de Jobourg, fortement dégradée, est démolie en 1750 ou 1724 au profit d'une fenêtre[2].

On note également une corniche à modillons en « pieds de bœuf », une piscine romane, et une sacristie du 17e s[3].

L'église renferme une coupe et une patène en argent poinçonné (18e) avec pied en cuivre argenté et gravé au trait (début 19e), classé au titre objet des monuments historiques le 28 mars 1980[7].

Elle abrite également un ex-voto marin représentant un cotre à la coque bleue et blanche baptisé Marie André.

Notes et références

  1. 1,0 et 1,1 a. i., Cherbourg et ses environs, la Hague, le Val de Saire, Michel Lemonnier éditeur, Saint-Germain-en-Laye, 1964.
  2. 2,0, 2,1, 2,2, 2,3, 2,4, 2,5 et 2,6 Guillaume de Monfreid, Trésors de la Hague, Isoete, 2003.
  3. 3,0, 3,1 et 3,2 Michel de La Torre, 50. Manche - L'art et la nature dans ses 599 communes, éd. Nathan, 1985.
  4. 4,0, 4,1 et 4,2 Pierre Anquetil, La Hague fouille dans son passé, Cherbourg, Édition La Dépêche, 1974, p. 75.
  5. Notice n°PA00110436, base Mérimée (architecture), médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine, ministère de la Culture.
  6. Pierre Anquetil, La Hague fouille dans son passé, Cherbourg, Édition La Dépêche, 1974, p. 1-2.
  7. Notice PM50001219, base Palissy, Ministère de la Culture et de la Communication

Liens internes

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