Édouard Denis-Dumont

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Édouard Denis-Dumont.

Pierre Léonord Édouard Denis-Dumont, né à Surtainville le 23 février 1830 et mort dans la même commune le 29 mai 1886, [1] est un médecin, chirurgien en chef des hôpitaux de Caen et historien de la Manche.

Biographie

Fils de Napoléon Édouard Denis-Dumont [2] et de Rose Victoire Haineville des Quiesses [3], Édouard Denis-Dumont est apparenté par sa mère à la petite noblesse rurale : la famille des Quiesses (ou Desquiesses) appartient aux notables de Surtainville du XVIIe siècle, et compte parmi elle François Desquiesses, sieur des Essarts[4].

En 1838, Jean-Marie Giguet-Lefillastre, médecin de marine en retraite à Surtainville, qui encourage l'instruction primaire et distribue des récompenses aux élèves les plus méritants, couronne le jeune Denis-Dumont, alors âgé de 8 ans, et conseille à son oncle, maire de la commune, de lui faire poursuivre ses études.

Quelques années plus tard, devenu docteur en médecine de la Faculté de Paris, il se spécialise dans la chirurgie, est un des premiers à appliquer les méthodes d'anesthésie par le chloroforme, et entrevoit les théories pasteuriennes.

D'une activité sans égal, comme d'une haute culture, il cumule de nombreuses fonctions : médecin, chirurgien en chef des hôpitaux et professeur de clinique à l’école de médecine de Caen. Il publie de savantes études.

Membre de plusieurs sociétés savantes, aux travaux desquelles il collabore activement, il conserve toujours un vif amour de son pays natal et de toute la Normandie. Il publie ainsi, dans Le Phare de la Manche du 13 août 1854, un article historique sur Surtainville [5], sa commune natale, où il possédait la maison de ses parents, sise au hameau Cululé (vendue en 1917).

Soucieux d'allier aux intentions médicales, les progrès économiques de sa province, il publie une série de leçons professées à l'école de médecine de Caen : Du Cidre, La maladie de la pierre en Basse-Normandie, s. d. (v. 1860) Caen, in-12. étude rééditée sous le titre : Propriétés médicales et hygiéniques du cidre : sa fabrication; sa conservation; in-12. Caen, 1890. Cette étude épuisée, est présentée de nouveau par son gendre Henri Villey-Desmeserets, en une brochure : Propriétés médicales et hygiénique du Cidre, in-8° 1914, qui fait l'objet d'un tirage à 105 000 exemplaires, par les soins de la revue : Le Cidre et le poiré.

Il épouse Berthe Lucile Marie Pillet (Saint-Lô, 22 décembre 1841 - 11 juin 1911) avec laquelle il a un fils, Jean Paul Edouard Denis-Dumont, dit Paul. [6]. M. et Mme Denis-Dumont résident à Caen, 26 rue des Carmélites.

Pierre Denis-Dumont s'éteint à Surtainville, au hameau Cululey, le 29 mai 1886 à 5 heures du matin à l'âge de 56 ans. Il est inhumé au cimetière de son village. Sur son tombeau surmonté d'une colonne cylindrique, situé au levant de la chapelle sud de l'église Saint-Pierre, est inscrit cette épitaphe :

Reconnaissance au docteur Denis-Dumont
L'Art chirurgical a perdu un génie
il fut pendant sa vie l'ami et le bienfaiteur du Pauvre
Pourquoi Dieu l'a-t'il rappelé si tôt !!![7]

Distinctions

Il reçoit plusieurs fois les honneurs au cours de sa vie. Il est chevalier de la Légion d'honneur, officier de l'Instruction publique, et officier de l'ordre du Metjidié[8]

Hommage

Un rue porte son nom à Portbail.

Publications

  • Le Choléra dans le département du Calvados en 1865 et 1866, rapport présenté à M. le préfet, par le Dr Denis-Dumont, 1867
  • Réponse à la nouvelle attaque de M. le Dr Leroy-Lanjuinière, 1868
  • De l'allaitement artificiel, influence du biberon sur la mortalité des enfants dans le département du Calvados, 1869
  • Notice biographique sur M. Dan de Lavauterie, lue à l'Académie impériale des sciences, arts et belles lettres de Caen, 1869
  • Notice biographique sur le Dr E. Vastel, lue à l'Académie nationale des sciences, arts et belles-lettres de Caen, 1876
  • Propriétés médicales et hygiéniques du cidre, la maladie de la pierre en Basse-Normandie, 1883

Bibliographie

De nombreuses biographies du docteur Denis-Dumont ont été publiées ; nous citeront celles de :

  • Docteur Fayel, Association de prévoyance et de secours mutuels des médecins du Calvados, 1887, p. 12.
  • Eugène de Beaurepaire, « Pierre Denis-Dumont », Annuaire de l'Association normande, 1888.
  • Docteur Lesigne, Le Docteur Denis-Dumont, Caen, in-8°, 1890.

Notes et références

  1. Mairie de Surtainville, état civil, Décès de Denis-Dumont, Pierre Léonor Edouard, 29 mai 1886, acte n°26.
  2. Napoléon Édouard Denis-Dumont nait le 15 août 1804. Il réside avec sa femme à Surtainville au hameau Cululé. Il y décède le 5 novembre 1881. Il repose aujourd’hui dans le même caveau que sa femme et son fils situé à l’est de la chapelle sud de l’église Saint-Pierre de Surtainville. Cf. Gillon (E.), Hollier-Larousse (J.), et alii, Petit Larousse, Dictionnaire encyclopédique pour tous, Paris, Larousse, 1967/ (premier tirage en 1959).
  3. 2 juillet 1800 - 3 septembre 1875.
  4. « Il semble que les Des Quiesses aient habité à la Bergerie, propriété actuelle de la famille Noël » (Abbé Jean Etasse, « Pages d’histoire locale », Almanach paroissial, Surtainville, no2, octobre 1910.
  5. Extrait : « L’Église de Surtainville, Cartainvilla, sous le vocable de saint Pierre, avait autrefois pour patrons les abbés de Saint-Ouen de Rouen et, plus tard, les seigneurs du lieu. Surtainville avait autrefois une chapelle dédiée à sainte Ergouèffe et appartenant, en 1184, au prieuré de Brewton, en Angleterre, nous en avons la preuve au Cartulaire de Troarn, folio 221, qui s’exprime ainsi: " Johannis de Muller dedit capellam suam sanctae Ergouelfae de Cartainvilla prioraturii de Bronton in Somerset... ». Il existe deux chartes de confirmation de cette donation, l’une faite par Guillaume de Tournebut, l’autre par Célestin III. Cette sainte Ergouèfle, connue en Belgique sous le nom de sainte Gudule est patronne de Bruxelles, Mélanus, dans son livre intitulé: Indiculus sanctorum Belgi, et Félix Bogaerts, dans son Histoire du culte des saints en Belgique, disent que sainte Ergouèfle s’enfuit de la maison paternelle pour se consacrer uniquement à Dieu » (a). Dans le Livre Paroissial, qu’il a écrit et rédigé en 1854, Jean Jacques François Le Lerre, Trésorier de la fabrique de Surtainville, cite aux pages 31 et 32 une note sur Surtainville, qui est paru dans le numéro du 13 août 1854, où l’on retrouve en premier lieu l’extrait ci-dessus. Ce paragraphe, attribué comme on l’a vu au Docteur Denis-Dumont, est suivit, dans un second temps, par le texte, que nous rapportons ci-dessous. On peut donc émettre l’hypothèse que ce texte est la fin de l’article publié dans Le Phare de la Manche, du 13 août 1854, par le Docteur Denis-Dumont, et que Jean Jacques François Le Lerre l’est rapporté en entier dans le Livre Paroissial en y apportant peut être toutefois quelques modifications : « Au lieu-dit de la Férrière, non loin de l’ancienne voie romaine, qui conduisait d’Omonville à Portbail, les Anglais pendant le XIVe siècle, exploitaient le plomb qui s’y trouvait en abondance (sur les confins de Pierreville). Ces travaux cessèrent en 1364, et ne furent repris qu’en 1740, pour être de nouveau abandonnés jusqu’en 1788, époque à laquelle MM. Sorel et Duhamel leur donnèrent momentanément de l’activité. Le journal des mines de Prairial an III, contient des détails intéressants sur les mines de plomb de Surtainville et sur les expériences faites pour reconnaître la proportion de plomb trouvée dans la galène. [...] On comptait autrefois parmi les notables habitants de Surtainville : Jacques de Camprond, sieur de Glatigny, qui portait d’argent à la quinte feuille de gueule ; Nicolas Anquetil, sieur de Baudreville, qui avait d’argent à trois feuilles de chêne; Jacques de Flamichon, sieur de Béville, qui portait de gueule à trois faces d’or, Nicolas de Morancourt, sieur de la Fresnaye, qui avait d’argent à trois Maures au naturel, et François Desquiesses, sieur des Essarts » (b). Asselin (R.), La chapelle de Sainte Regouèfe à Surtainville (Manche), Extrait du tome XI des Mémoires de la Société, in 8°, 1932, page 2 et 3: (a) Le Lerre (Jean Jacques François), Livre Paroissial, ou statistiques et faits mémorables de la commune de Surtainville, Surtainville, 1854, page 32: (b).
  6. Paul Denis Dumont épousa Jeanne Coqueret dont il eut deux filles nommées Marie Yvonne Thérèse Clémence et Marthe Thérèse Marie.(Archives privées / M. Georges Guilhen). Marie Yvonne Thérèse Clémence Denis-Dumont épousa, en première noce, Henri Joseph Ernest Villey-Desmeserets avec lequel elle eut une fille, Colette Marie Andrée, née à Caen le 20 août 1911. Veuve, elle se remaria en 1916 avec Joseph Gérard Marie Hubert Vander Meulen, médecin de bataillon de l’armée Belge. Cf. Acte notarié (Archives privées / M. Robert Leconte). Marthe Thérèse Marie Denis-Dumont épousa M. Jules Joseph Guilhen, avocat à la Cour, avec lequel elle eut trois enfants: Pierre (1921-1928) Jeanne (1923) et Georges (1929)
  7. R. Asselin, « Inscriptions d'églises et de cimetières du Cotentin », Annuaire du département de la Manche, Saint-Lô, Archives départementales de la Manche, 1938, p. 20-21.
  8. Ordre fondé en 1852 par le sultan Abdul Medjid pour récompenser les services civils et militaires des nationaux et des étrangers.

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